En cas de séparation, de divorce ou de rupture de PACS, la solution la plus simple est souvent de vendre le bien pour rembourser par anticipation le crédit de la maison. Cependant, si l’un des ex-conjoints, ex-partenaires ou ex-concubins souhaite conserver le logement, il doit généralement demander une désolidarisation de prêt pour devenir l’unique titulaire du contrat et effectuer un rachat de soulte pour racheter les parts détenues par l’autre. Enfin, les deux emprunteurs peuvent aussi se mettre d’accord pour conserver ensemble le logement et continuer de rembourser le crédit maison en cours. Voici toutes les explications à retenir sur les conséquences d’une rupture amoureuse sur le prêt immobilier et le bien du foyer.
Ce qu'il faut retenir :
• Solutions : en cas de séparation, de divorce ou de rupture de PACS, le bien peut être vendu pour rembourser le crédit, conservé par l’un via une désolidarisation et un rachat de soulte, ou gardé par les deux.
• Vente du bien : la solution la plus simple consiste souvent à vendre la maison pour rembourser le crédit immobilier. Des indemnités de remboursement anticipé peuvent être dues, si elles sont prévues dans le contrat.
• Désolidarisation et rachat de soulte : un ex-conjoint peut devenir seul titulaire du prêt et propriétaire du bien en rachetant les parts de l’autre, sous réserve de solvabilité, d’un taux d’endettement généralement limité à 35 % et de l’accord de la banque.
• Maintien conjoint du crédit : les deux parties peuvent continuer à rembourser ensemble, même en cas de séparation, tout en conservant ou en louant le bien.
• Obligation solidaire : en cas de cotitularité du prêt, les deux co-emprunteurs restent responsables du remboursement tant que la banque n’a pas accepté la désolidarisation ou que le prêt n’est pas remboursé.
• Désaccord entre les deux parties : si aucun accord amiable n’est trouvé, le sort du logement et du crédit peut nécessiter l’intervention du notaire, d’un avocat ou du juge, selon la situation du couple.

La séparation est un moment difficile dans la vie d'un couple, et de nombreuses questions se posent, dont celle des crédits en cours et plus particulièrement du prêt de la maison si un achat immobilier a été réalisé. Lorsqu'un couple décide de mettre fin à sa relation, que devient cet emprunt ? La réponse dépend si le crédit immobilier a été souscrit seul ou à deux.
Si un seul des ex-conjoints, ex-partenaires ou ex-concubins est titulaire du contrat, c’est lui qui aura la charge de continuer à rembourser le prêt en cas de séparation. Si les deux sont cotitulaires, ils restent engagés même après leur séparation. Ils demeurent donc solidaires de la dette jusqu’à ce que le capital emprunté et les intérêts soient entièrement remboursés, sauf si la banque accepte une désolidarisation. En cas de mensualité impayée, la banque prêteuse peut exiger le paiement auprès de l’un ou l’autre des co-emprunteurs, selon les clauses prévues dans le contrat.
Si les deux sont co-emprunteurs, trois solutions sont envisageables pour le crédit de la maison dans le cadre d’une séparation :
Même s’il existe une convention ou un accord entre les deux membres du couple prévoyant qu’un seul prendra en charge les mensualités, cet accord ne libère pas automatiquement l’autre co-emprunteur vis-à-vis de la banque. Tant que l’organisme prêteur n’a pas accepté la désolidarisation ou que le crédit n’a pas été remboursé, les co-emprunteurs restent engagés selon les conditions du contrat de prêt.
| Situation après la séparation | Solution la plus courante | Accord de la banque nécessaire ? | Intervention du notaire ? | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Aucun des deux ne souhaite garder le bien | Vente de la maison et remboursement anticipé du prêt | Oui, pour obtenir le décompte de remboursement | Oui, pour la vente | Vérifier les indemnités de remboursement anticipé et prévoir les frais d’agence |
| Un seul souhaite garder la maison | Désolidarisation du crédit et rachat de soulte | Oui | Oui | La banque vérifie la solvabilité de celui qui reprend le prêt et des frais sont à prévoir |
| Les deux souhaitent garder le bien | Maintien du crédit à deux ou mise en location | Non, sauf modification du contrat de prêt | Recommandé | Les deux restent solidaires du remboursement du prêt |
| L’un veut vendre et l’autre refuse | Accord amiable, médiation, demande judiciaire ou partage | Selon la solution retenue | Oui | La vente forcée ou l’autorisation judiciaire dépend du contexte |
| La banque refuse la désolidarisation | Vente, rachat du prêt par une autre banque, ajout d’une garantie ou regroupement de crédits | Oui | Selon le montage | Le taux d’endettement et le reste à vivre sont déterminants |
Le sort du crédit maison dépend d’abord du contrat de prêt : si les deux personnes sont co-emprunteurs, elles restent en principe engagées toutes les deux auprès de la banque. En revanche, le sort du bien immobilier dépend aussi du statut du couple et de l’acte d’achat.
Pour un couple marié, il faut tenir compte du régime matrimonial : communauté réduite aux acquêts, séparation de biens, communauté universelle ou contrat de mariage spécifique. Le logement peut appartenir à un seul époux, aux deux époux ou à la communauté, selon la date d’achat, le financement et le régime matrimonial choisi.
En cas de divorce, le partage du bien peut nécessiter l’intervention d’un notaire. Si l’un des époux souhaite conserver la maison, un rachat de soulte peut être prévu afin de compenser la part revenant à l’autre.
Pour un couple pacsé, le sort du bien dépend du régime choisi dans la convention de PACS et de l’acte d’acquisition. Le bien peut appartenir à un seul partenaire ou être détenu en indivision. Si les deux partenaires ont emprunté ensemble, la rupture du PACS ne met pas automatiquement fin à leur engagement auprès de la banque.
Pour des concubins, c’est principalement l’acte notarié qui détermine la répartition de propriété. Si les deux ont acheté ensemble, ils sont généralement en indivision, selon les quotes-parts indiquées dans l’acte. S’ils sont aussi co-emprunteurs, ils restent engagés auprès de la banque tant que le prêt n’est pas remboursé ou modifié avec l’accord du prêteur.
En cas de séparation ou de divorce avec un crédit maison en cours, vendre le bien est souvent la solution la plus simple pour solder le prêt immobilier commun. Cette option convient surtout lorsque personne ne souhaite garder le logement, lorsqu’aucun des deux ne peut reprendre seul le crédit ou lorsque la banque refuse la désolidarisation.
La vente est généralement adaptée si :
Les ex-conjoints doivent faire estimer le bien, puis demander à la banque un décompte de remboursement anticipé. Ce document précise le capital restant dû, les intérêts éventuels et les frais applicables.
Après la vente, le prix obtenu sert à rembourser le crédit. S’il reste un surplus, il est partagé entre les propriétaires selon leurs droits dans le bien. Des frais d’agence immobilière sont à prévoir si un professionnel est sollicité dans le cadre de la transaction.
Des indemnités de remboursement anticipé peuvent être prévues dans le contrat. Pour un crédit immobilier, elles sont plafonnées au plus faible des deux montants suivants :
Si le prix de vente est inférieur au capital restant dû, les ex-conjoints devront continuer à rembourser le solde à la banque. Avant de vendre, il faut donc comparer la valeur du bien, le capital restant dû, les frais de remboursement anticipé et les frais de vente.
En cas de séparation ou de divorce avec un prêt immobilier en cours, la désolidarisation du crédit maison permet à l’un des co-emprunteurs de sortir du contrat. L’autre reprend seul le remboursement du prêt, sous réserve de l’accord de la banque.
La désolidarisation d’un contrat de prêt immobilier est envisageable si :
Il faut informer la banque de la séparation et transmettre les justificatifs de l’emprunteur qui reprend le prêt : revenus, charges, avis d’imposition, relevés de compte, situation professionnelle, estimation du bien et projet de partage si besoin.
La banque vérifie ensuite sa capacité à rembourser seul : taux d’endettement, reste à vivre, stabilité des revenus, garanties et valeur du logement. Des frais de désolidarisation de plusieurs centaines à quelques milliers sont à prévoir, mais peuvent être négociés avec le conseiller.
Oui, même si les ex-conjoints sont d’accord, la banque peut refuser si elle juge que l’emprunteur restant ne peut pas assumer seul les mensualités.
En cas de refus, il est possible d’envisager une vente, un rachat du prêt par une autre banque, un allongement de durée, une garantie supplémentaire, un nouveau financement ou un regroupement de crédits.
Si la désolidarisation est acceptée, l’assurance emprunteur doit être adaptée. L’emprunteur qui conserve le prêt devra généralement être couvert seul, parfois à 100 % selon l’exigence de la banque.
Un accord entre ex-conjoints ne suffit pas à libérer l’un des deux auprès de la banque. Tant que la désolidarisation n’est pas acceptée par écrit, les deux co-emprunteurs restent engagés.
En cas de séparation, de divorce ou de rupture de PACS avec une maison achetée à deux et un crédit immobilier en cours, le rachat de soulte permet à l’un de conserver le bien. Il rachète la part de l’autre pour devenir pleinement propriétaire, souvent avec une désolidarisation du prêt maison.
Le rachat de soulte est pertinent si :
La soulte dépend de la valeur du bien, du capital restant dû et de la quote-part de chacun.
Calcul de la soulte indicative = (valeur du bien - capital restant dû) x quote-part détenue par l’autre propriétaire
Exemple :
Chaque ex-conjoint détient donc 60 000 €. Celui qui garde la maison devra verser une soulte indicative de 60 000 € à l’autre, hors frais de notaire et frais bancaires.
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La soulte peut être financée par un prêt immobilier, un prêt personnel, un rachat ou regroupement de prêts ou un apport personnel. Si le crédit maison est toujours en cours, la banque doit aussi accepter le nouveau montage.
Un rachat de soulte peut entraîner des frais de notaire, frais de partage, frais de dossier bancaire, frais de garantie, coût d’assurance emprunteur et éventuelles indemnités si l’ancien prêt est remboursé par anticipation.
Le rachat de soulte permet de garder la maison après une séparation, mais il doit être validé par le notaire et par la banque si un crédit immobilier est encore en cours.
Après une séparation ou un divorce, les co-emprunteurs peuvent conserver la maison avec le crédit immobilier en cours et continuer à rembourser le prêt à deux. Cette solution évite une vente immédiate, mais maintient l’engagement des deux auprès de la banque.
Cette option peut être envisagée si :
Pour éviter les litiges, il faut formaliser par écrit :
Même séparés, les deux co-emprunteurs restent responsables du remboursement. En cas d’impayé, la banque peut réclamer la mensualité à l’un ou l’autre selon le contrat.
Le prêt commun peut aussi bloquer un nouveau projet immobilier, car les mensualités peuvent rester prises en compte dans le taux d’endettement de chaque co-emprunteur.
Cette solution peut être utile temporairement, mais elle doit être encadrée. Elle est surtout adaptée si les deux parties s’entendent encore suffisamment pour gérer le bien et les charges.
En cas de séparation ou de divorce avec une maison et un crédit immobilier en commun, un blocage peut apparaître si l’un veut vendre et l’autre souhaite garder le bien. Il faut d’abord rechercher un accord amiable avant d’envisager l’intervention du notaire, des avocats ou du juge.
Si les deux sont propriétaires, l’un ne peut pas vendre librement le bien commun sans l’accord de l’autre. En cas de blocage, il faut passer par un accord, un partage de l’indivision ou une décision judiciaire selon la situation.
Plusieurs issues sont possibles :
Selon la situation, il peut être nécessaire de contacter :
Une vente sans accord de l’autre propriétaire n’est pas librement possible dans toutes les situations. Il faut vérifier le statut du couple, les droits de propriété, le régime matrimonial, le contrat de prêt et les éventuelles décisions judiciaires.
Une séparation entraîne souvent une baisse de revenus disponibles, une modification des charges et parfois la nécessité de financer une soulte. L’accompagnement par un courtier peut être utile lorsque l’un des ex-conjoints souhaite reprendre seul le crédit, financer le rachat de parts ou rééquilibrer son budget après la séparation.
Solutis peut notamment étudier les solutions de financement adaptées à la situation de l’emprunteur : prêt immobilier, rachat de crédit, regroupement de prêts ou financement de soulte. L’objectif est de trouver une solution compatible avec la capacité de remboursement, le taux d’endettement et l’équilibre financier du foyer après la séparation.
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En cas de séparation, de divorce ou de rupture de PACS, il n’existe pas de règle automatique valable pour toutes les situations. Si un seul membre du couple est propriétaire, il a vocation à récupérer le logement à terme, mais l’occupation du domicile familial peut être organisée par accord, par convention ou par décision du juge, notamment pendant une procédure de divorce.
Si les deux ex-conjoints sont propriétaires du bien, chacun dispose en principe de droits sur le logement. Il faut alors trouver un accord pour savoir si l’un reste dans la maison, si le bien est vendu ou si un rachat de soulte est réalisé. En cas de désaccord, le notaire, les avocats ou le juge peuvent intervenir selon la situation.
En cas de séparation, l'organisme prêteur peut demander aux deux co-emprunteurs de rembourser les mensualités du crédit maison, car l'engagement a été pris par les deux parties. En cas de non-paiement par l'un des deux emprunteurs, la banque peut demander à l'autre emprunteur de régler l'ensemble de la mensualité si le contrat prévoit une solidarité entre eux.
Si un seul membre du couple a signé le prêt immobilier, c’est lui qui reste tenu de le rembourser. En revanche, la propriété du bien et le remboursement du crédit peuvent nécessiter une analyse plus précise selon le régime matrimonial, l’acte d’achat et les accords conclus entre les parties.
Quand deux personnes souhaitent se séparer alors qu'elles ont des crédits en cours, il est recommandé de se mettre d'accord sur le remboursement des crédits. Si le couple possède un bien immobilier en commun et qu'il y a un crédit immobilier en cours, alors il est possible :
Si les deux parties n'arrivent pas à trouver une solution à l'amiable, c'est le tribunal qui devra prononcer une décision au sujet du logement, du partage ou des crédits en cours, selon la situation du couple.
Oui, il est préférable de prévenir la banque lorsqu’un couple se sépare avec un crédit immobilier en cours, surtout si l’un souhaite reprendre seul le prêt, vendre le bien ou modifier les modalités de remboursement. La séparation ne modifie pas automatiquement le contrat de prêt. Tant que la banque n’a pas donné son accord écrit, les co-emprunteurs restent engagés selon les conditions initiales.
Oui, la banque peut refuser une désolidarisation si elle estime que l’emprunteur qui souhaite reprendre le crédit seul n’a pas une capacité de remboursement suffisante. Elle analyse notamment ses revenus, ses charges, son taux d’endettement, son reste à vivre, sa situation professionnelle et la valeur du bien immobilier.
En cas de refus, il est possible d’étudier une autre solution : vente du bien, rachat du prêt par une autre banque, financement de la soulte, ajout d’une garantie ou regroupement de crédits.
Oui, deux ex-conjoints, ex-partenaires de PACS ou ex-concubins peuvent décider de conserver la maison après leur séparation. Ils peuvent continuer à rembourser le crédit ensemble, occuper le logement selon un accord précis ou le mettre en location.
Cette solution doit toutefois être bien encadrée, car les deux co-emprunteurs restent responsables du remboursement du prêt. Il est recommandé de formaliser l’accord par écrit pour éviter les litiges sur les mensualités, les charges, les travaux, les loyers ou la future vente du bien.
Si les deux personnes sont propriétaires, l’une ne peut pas toujours vendre seule le bien sans l’accord de l’autre. Il faut d’abord rechercher une solution amiable. Si aucun accord n’est trouvé, une procédure judiciaire peut être nécessaire pour organiser le partage ou autoriser certains actes.
Dans certains cas, un époux peut demander au juge l’autorisation de passer seul un acte pour lequel l’accord de l’autre serait normalement nécessaire, notamment si le refus n’est pas justifié par l’intérêt de la famille. Cette autorisation doit être demandée au juge et ne permet pas de vendre librement sans décision préalable.
Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.
Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin
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