Un prêt immobilier en indivision fait coexister deux situations juridiquement distinctes : la propriété du bien et l’engagement de remboursement envers la banque. Une séparation, une succession ou la réorganisation du financement ne modifie donc pas automatiquement le contrat de crédit ni les quotes-parts inscrites dans l’acte notarié. Identifier l’opération adaptée est indispensable pour coordonner les démarches auprès de la banque, du notaire et des autres indivisaires.
Ce qu'il faut retenir :
• Un prêt en indivision peut être refinancé (rachat ou regroupement de crédits) ou remboursé avant son échéance, en payant souvent des indemnités au prêteur.
• Le départ d’un indivisaire exige une désolidarisation bancaire ou le solde du crédit.
• Un remboursement personnel peut créer une créance, sans modifier la quote-part détenue.
• Devenir seul propriétaire en cassant l’indivision nécessite l’accord des cédants, une soulte et un acte notarié.
Oui, un prêt immobilier ayant financé un bien en indivision peut être racheté par une autre banque. Deux situations sont possibles :
La nouvelle banque étudie la solvabilité des emprunteurs, la valeur du bien et la garantie proposée. Si une hypothèque porte sur l’ensemble du logement, tous les indivisaires doivent intervenir à l’acte. Le rachat entraîne ensuite le remboursement anticipé de l’ancien prêt.
Lorsqu’un indivisaire quitte le projet, son retrait de l’acte de propriété ne suffit pas à le libérer du crédit. Il faut obtenir sa désolidarisation auprès de la banque actuelle ou solder intégralement le prêt avec le nouveau financement.

Oui, le prêt immobilier en indivision peut être remboursé totalement ou partiellement avant son échéance, même si le bien reste en indivision. Le contrat peut toutefois exclure un remboursement partiel inférieur ou égal à 10 % du montant initial du prêt, sauf s’il s’agit de solder le crédit.
Des indemnités peuvent être prévues. Pour un prêt immobilier en indivision, elles ne peuvent pas dépasser le montant le plus faible entre :
Ces règles figurent dans les articles L313-47 à L313-49 du Code de la consommation et R313-25.
Si un seul indivisaire rembourse le prêt avec ses fonds personnels, ce paiement n’augmente pas automatiquement sa quote-part de propriété. Il peut cependant constituer une créance à prendre en compte lors du partage de l’indivision, sous réserve de conserver les justificatifs des sommes versées. La Cour de cassation qualifie notamment le remboursement anticipé de dépense nécessaire à la conservation du bien.
Oui, un indivisaire peut racheter la quote-part d’un ou de plusieurs co-indivisaires afin de devenir propriétaire d’une part plus importante ou de la totalité du bien. Cette opération, appelée rachat de soulte, nécessite l’accord des parties sur la valeur du logement et le montant à verser.
Dans une situation simple d’un bien détenu en indivision, la soulte peut être estimée ainsi :
Soulte = (valeur actuelle du bien – capital restant dû) × quote-part rachetée
Par exemple, pour un logement estimé à 300 000 €, avec 100 000 € de prêt immobilier restant et deux propriétaires détenant chacun 50 %, la soulte indicative est de 100 000 € :
(300 000 € – 100 000 €) × 50 %.
L’acquéreur doit alors généralement financer la soulte, reprendre ou solder le capital restant dû et payer les frais liés à l’opération, notamment la désolidarisation. Un acte notarié est obligatoire pour modifier la propriété d’un bien immobilier et stopper l’indivision. Le calcul définitif peut aussi tenir compte des apports et des créances entre indivisaires.
Ces trois opérations peuvent concerner un même bien en indivision, mais elles n’ont pas le même objectif. Le rachat du prêt modifie le financement, le rachat de part change la répartition de la propriété, tandis que le remboursement anticipé réduit ou solde uniquement la dette bancaire.
| Opération | Objectif principal | Intervenants | Effet sur l’indivision |
|---|---|---|---|
| Rachat du prêt en indivision | Remplacer le crédit actuel par un nouveau prêt | Nouvelle banque et, en cas d’hypothèque, notaire et indivisaires | L’indivision est conservée si les quotes-parts ne changent pas |
| Rachat de part du bien en indivision | Acquérir la quote-part d’un ou de plusieurs indivisaires en versant une soulte | Indivisaires concernés, notaire et banque si un financement est nécessaire | Les quotes-parts sont modifiées ou l’indivision prend fin |
| Remboursement anticipé du prêt en indivision | Rembourser une partie ou la totalité du capital restant dû | Banque et emprunteurs | Aucun changement automatique dans la répartition de la propriété |
Ces opérations peuvent être réalisées simultanément. Par exemple, l’indivisaire qui souhaite devenir seul propriétaire peut souscrire un nouveau prêt pour financer la soulte et solder le crédit immobilier existant. L’ancien emprunt est alors remboursé par anticipation, tandis que l’acte notarié constate le transfert des parts.
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L’achat en indivision permet à plusieurs personnes de devenir propriétaires d’un même bien, chacune selon la quote-part inscrite dans l’acte notarié. Il peut concerner des concubins, des partenaires de Pacs, certains couples mariés, des membres d’une famille ou des amis.
Oui, vous pouvez devenir seul propriétaire en rachetant les parts des autres indivisaires et en leur versant une soulte. Cette somme et le prêt restant peuvent être financés par un nouveau crédit immobilier ou, si plusieurs dettes sont réunies, par un regroupement de crédits incluant le montant de la soulte.
Il faut faire estimer le logement, calculer la soulte, obtenir l’accord des indivisaires concernés et rechercher le financement nécessaire. Le transfert de propriété est ensuite constaté par un acte notarié ; en cas de désaccord, un partage judiciaire peut être demandé, mais il ne garantit pas l’attribution du bien au demandeur.
Non, les indivisaires ne sont pas obligatoirement tous co-emprunteurs, car la propriété du bien et le remboursement du prêt sont deux engagements distincts. Toutefois, si une hypothèque est prise sur l’ensemble du logement, chaque indivisaire doit consentir à la garantie sans nécessairement devenir emprunteur.
Oui, le prêt en indivision initial peut être conservé si la banque accepte de désolidariser l’indivisaire qui cède ses parts. Elle vérifie alors que l’emprunteur restant peut rembourser seul le crédit ; à défaut d’accord, l’ancien prêt doit être soldé par un nouveau financement.
Non, la sortie de l’indivision ne désolidarise pas automatiquement un co-emprunteur. Même s’il n’est plus propriétaire, celui-ci reste engagé dans le remboursement tant que la banque n’a pas accepté sa désolidarisation par écrit ou que le prêt n’a pas été intégralement remboursé.
Oui, un rachat amiable suppose que tous les autres indivisaires acceptent de céder leurs parts et s’accordent sur leur valeur. En cas de refus, une procédure de partage judiciaire peut être engagée, mais le juge n’impose pas nécessairement la vente des parts au demandeur.
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