Un prêt in fine est un crédit immobilier dans lequel l’emprunteur rembourse uniquement les intérêts et l’assurance pendant toute la durée du prêt. Le capital emprunté est remboursé en une seule fois à la dernière échéance, ce qui demande une solution de sortie (rentrée d’argent importante, placement, vente future d’un bien…). Ce financement est surtout utilisé pour un investissement locatif ou une stratégie patrimoniale. Il permet de réduire les mensualités pendant la durée du crédit, mais son coût total est généralement plus élevé qu’un prêt amortissable classique.
Ce qu'il faut retenir :
• Un choix pertinent surtout si le bien est loué : l’intérêt du prêt in fine se justifie principalement lorsque les loyers, la fiscalité et la stratégie patrimoniale compensent son coût plus élevé.
• Une solution qui demande de l’anticipation : dès la souscription, l’emprunteur doit prévoir comment il remboursera le capital à l’échéance.
• Un montage réservé aux dossiers solides : revenus stables, épargne disponible, patrimoine ou placement nanti sont souvent nécessaires pour convaincre la banque.
• Un crédit à comparer avant de s’engager : le gain de trésorerie mensuel doit toujours être mis en balance avec le coût total, les garanties demandées et les frais éventuels.
Avec un prêt in fine, l’emprunteur ne rembourse pas le capital chaque mois. Il paie seulement :
Le capital reste donc dû jusqu’à la fin du contrat. À l’échéance, l’emprunteur doit rembourser la totalité de la somme empruntée en une seule fois.
Pour un prêt in fine de 200 000 € sur 15 ans à 4 %, l’emprunteur paie environ 667 € d’intérêts par mois, hors assurance. Il n’amortit pas le capital, qui est reporter à la toute dernière échéance.
À la fin des 15 ans, soit 180 mois, il doit rembourser les 200 000 € en une seule fois. Il peut aussi effectuer à tout moment un remboursement anticipé du prêt in fine avant la date d’échéance afin de réduire le montant des intérêts.
Les mensualités sont plus faibles qu’avec un prêt amortissable, mais le capital ne diminue jamais pendant la durée du prêt.
| Critère | Prêt amortissable | Prêt in fine |
|---|---|---|
| Remboursement du capital | Chaque mois | À la dernière échéance |
| Mensualités | Capital + intérêts + assurance | Intérêts + assurance |
| Capital restant dû | Il diminue progressivement | Il reste identique jusqu’à la fin |
| Coût total | Généralement plus faible | Généralement plus élevé |
| Profil concerné | Achat classique, résidence principale, investissement | Investisseur locatif, profil patrimonial |
| Objectif principal | Rembourser progressivement | Préserver sa trésorerie |
Le prêt amortissable est le crédit immobilier le plus courant. Le prêt in fine est un montage plus spécifique, souvent réservé aux emprunteurs disposant d’une épargne, d’un patrimoine ou d’un projet locatif solide.
Le prêt in fine sert principalement à financer un bien immobilier tout en conservant des mensualités réduites.
Il peut être intéressant pour :
Ce crédit n’est donc pas adapté à tous les profils. Il convient surtout aux emprunteurs capables de préparer sérieusement le remboursement final du capital.
Le principal avantage du prêt in fine est simple : l’emprunteur ne rembourse pas le capital chaque mois.
Ses mensualités sont donc composées uniquement des intérêts et de l’assurance. Cela permet de conserver plus de trésorerie pendant la durée du crédit.
Dans le cadre d’un bien loué au régime réel, les intérêts d’emprunt peuvent être déduits des revenus fonciers.
Avec un prêt in fine, les intérêts restent élevés et stables, car ils sont calculés sur le capital total pendant toute la durée du prêt. Cela peut réduire l’imposition des loyers, voire neutraliser une partie importante des revenus fonciers imposables.
Le prêt in fine peut aussi être utilisé dans une stratégie patrimoniale. L’emprunteur peut conserver son épargne investie, financer un bien immobilier et rembourser le capital à terme grâce à un placement, une vente future ou une rentrée d’argent prévue.
Pour les contribuables soumis à l’impôt sur la fortune immobilière, le prêt in fine peut réduire l’assiette taxable.
Attention toutefois : il ne permet pas automatiquement d’échapper à l’IFI. Les dettes liées à un prêt in fine sont prises en compte selon des règles spécifiques, avec une déduction qui diminue progressivement au fil du temps.
Le prêt in fine coûte généralement plus cher qu’un prêt amortissable.
Pourquoi ? Parce que les intérêts sont calculés sur la totalité du capital pendant toute la durée du crédit. Dans un prêt amortissable, le capital diminue mois après mois, ce qui réduit progressivement les intérêts.
À la fin du prêt, l’emprunteur doit rembourser le capital en une seule fois.
C’est le principal risque du prêt in fine. Si l’épargne prévue, la vente du bien ou le placement associé ne suffit pas, l’emprunteur peut se retrouver en difficulté au moment de solder le crédit.
Le prêt in fine est plus sélectif qu’un crédit immobilier classique. La banque analyse notamment :
Dans la majorité des cas, un profil solide et une épargne importante sont nécessaires.
La banque demande presque toujours une garantie forte. La plus fréquente est le nantissement d’un placement financier.
Il peut s’agir par exemple :
Le nantissement signifie que le placement est donné en garantie au prêteur. En cas de défaut de remboursement, la banque peut utiliser ce placement pour récupérer tout ou partie des sommes dues.
Une hypothèque ou une caution peut aussi être demandée selon le dossier.
Le prêt in fine est souvent utilisé pour son intérêt fiscal en investissement locatif.
Si le bien est loué nu et imposé au régime réel, les intérêts d’emprunt sont déductibles des revenus fonciers.
Cela permet de réduire l’imposition des loyers. Avec un prêt in fine, cet avantage peut être plus marqué, car les intérêts restent élevés pendant toute la durée du crédit.
Si les intérêts créent un déficit foncier, la part du déficit liée aux intérêts n’est pas imputable sur le revenu global. Elle est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
L’IFI concerne les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros.
Un prêt immobilier peut réduire la valeur nette taxable du patrimoine. Mais pour un prêt in fine, la dette déductible est calculée de manière spécifique et diminue progressivement avec le temps.
Le prêt in fine peut donc réduire l’assiette IFI, mais il ne garantit pas une exonération.
Le prêt in fine s’adresse surtout aux emprunteurs ayant un profil patrimonial solide.
Il est généralement adapté à une personne qui :
À l’inverse, ce crédit est rarement conseillé à un emprunteur sans épargne ou sans visibilité sur le remboursement final du capital.
Oui, un prêt in fine peut être remboursé par anticipation.
L’emprunteur peut solder son crédit avant la fin, par exemple après :
Des indemnités de remboursement anticipé peuvent être prévues. Pour un crédit immobilier, elles sont plafonnées à 6 mois d’intérêts sur le capital remboursé, dans la limite de 3 % du capital restant dû.
Oui, un prêt in fine peut faire l’objet d’un rachat de crédit ou d’un regroupement de crédits.
Cette opération peut permettre de remplacer le prêt in fine par un crédit amortissable classique. L’objectif est souvent de sécuriser le remboursement du capital, de réduire la pression financière à l’échéance ou de réorganiser plusieurs crédits en un seul financement.
Dans certains cas, l’épargne nantie peut être utilisée pour rembourser une partie du capital. Le solde peut ensuite être intégré dans un nouveau prêt amortissable.
Un rachat de prêt in fine peut entraîner des frais : indemnités de remboursement anticipé, frais de dossier, frais de garantie, frais de mainlevée ou nouvelle assurance emprunteur.
Le prêt in fine peut être une bonne solution pour un investisseur locatif ou un emprunteur patrimonial qui souhaite préserver sa trésorerie et optimiser la fiscalité de ses revenus fonciers.
En revanche, ce n’est pas le crédit le plus simple ni le moins cher. Il faut être capable de rembourser le capital à la fin du contrat et disposer de garanties solides.
Le prêt in fine est pertinent si :
Il est moins adapté si :
Le taux d’un prêt in fine est généralement plus élevé que celui d’un prêt amortissable. La banque prend plus de risque, car le capital est remboursé uniquement à la fin. Le taux dépend du profil de l’emprunteur, du montant emprunté, de la durée, des garanties et des conditions du marché.
Oui, dans la majorité des cas. Les intérêts sont calculés sur le capital total pendant toute la durée du crédit. Comme le capital ne diminue pas, le coût des intérêts est généralement supérieur à celui d’un prêt amortissable.
C’est difficile. La banque demande souvent une épargne, un placement nanti ou des garanties solides. Un prêt in fine sans apport ou sans patrimoine est rarement accepté.
C’est possible, mais peu courant. Le prêt in fine est surtout utilisé pour l’investissement locatif. Pour une résidence principale, le prêt amortissable est généralement plus adapté.
La durée dépend du projet et de la banque. Elle peut généralement aller de quelques années à 15 ou 20 ans selon le profil de l’emprunteur, le montant emprunté et les garanties proposées.
À la dernière échéance, l’emprunteur doit rembourser tout le capital restant dû. Ce remboursement peut provenir d’une épargne, d’un placement nanti, de la vente du bien ou d’un refinancement accepté par une banque.
Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.
Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin
Financez votre projet & bénéficiez d'un accompagnement et d'une réelle expertise avec l'aide de Solutis !
DEMANDE DE FINANCEMENT GRATUITE
Votre offre rapide | Une expertise avec + de 25 ans d'expérience
D'autres articles pour approfondir