Oui, il est possible de baisser les mensualités d’un crédit auto, mais la solution dépend du contrat et de la situation de l’emprunteur. Il faut d’abord demander un aménagement au prêteur ou utiliser les options de modulation prévues dans l’offre de prêt. Si plusieurs crédits pèsent sur le budget, un regroupement peut réduire durablement les échéances en allongeant la durée de remboursement. En cas de difficultés graves, l’assurance emprunteur, le délai de grâce ou le dossier de surendettement peuvent également être envisagés.
Ce qu'il faut retenir :
• La renégociation d’un prêt auto est possible avec l’accord du prêteur, mais elle ne constitue pas un droit.
• Une modulation ou un report d’échéances est envisageable si le contrat le prévoit ou si l’organisme l’accepte.
• Le regroupement de crédits peut diminuer les mensualités, généralement au prix d’une durée plus longue et d’un coût total plus élevé.
• En cas de maladie, d’invalidité ou de perte d’emploi, vérifiez en priorité les garanties de l’assurance emprunteur.
• Un juge peut suspendre ou réduire les remboursements pendant une durée maximale de 2 ans.
Cinq solutions principales existent : l’aménagement du prêt, la modulation contractuelle, l’assurance emprunteur, le regroupement de crédits et, en cas de difficultés importantes, le délai de grâce ou le surendettement.
| Solution | Dans quel cas ? | Effet sur la mensualité | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Aménagement avec le prêteur | Baisse de revenus ou budget devenu trop serré | Temporaire ou durable | Accord du prêteur nécessaire |
| Modulation ou report | Option prévue dans le contrat | Baisse ou suspension temporaire | Durée et coût souvent augmentés |
| Assurance emprunteur | Événement couvert par le contrat | Prise en charge partielle ou totale | Garanties, franchise et délai de déclaration |
| Regroupement de crédits | Plusieurs crédits ou dettes à rembourser | Baisse durable des échéances | Coût total généralement plus élevé |
| Délai de grâce ou surendettement | Difficultés graves ou durables | Réduction ou suspension | Démarche judiciaire ou administrative |
Oui, vous pouvez demander à renégocier ou à réaménager votre crédit auto, mais la banque n’est pas obligée d’accepter. Contrairement à une idée fréquente, la modification d’un prêt automobile n’est pas interdite. Elle doit simplement faire l’objet d’un accord avec le prêteur et d’un avenant au contrat.
Selon la situation, l’organisme peut proposer :
Pour augmenter les chances d’obtenir un accord, contactez le prêteur avant le premier impayé. Présentez un budget précis, le capital restant dû, le montant que vous pouvez encore payer chaque mois et les justificatifs expliquant votre baisse de revenus ou la hausse de vos charges.
En cas de difficulté de paiement, l’établissement doit examiner les mesures d’aménagement envisageables, sans être tenu d’accepter celle demandée par l’emprunteur. Cette démarche est rappelée par Service-Public.fr.
Oui, si le contrat prévoit cette faculté ou si le prêteur donne son accord. La modulation permet de diminuer temporairement l’échéance, tandis que le report décale le paiement d’une ou plusieurs mensualités.
L’amplitude de la baisse, le nombre d’échéances reportables, la fréquence d’utilisation et les éventuels frais varient selon les contrats. Il n’existe donc pas de plafond général applicable à tous les crédits auto.
Avant d’accepter un report, vérifiez s’il porte :
Une modulation ou un report apporte un soulagement immédiat, mais peut prolonger le crédit et augmenter son coût total. Demandez au prêteur un nouvel échéancier précisant la durée restante et le coût après modification.
Oui, si une assurance emprunteur a été souscrite et si l’origine des difficultés fait partie des garanties. Selon le contrat, une incapacité de travail, une invalidité, un décès ou parfois une perte d’emploi peuvent entraîner la prise en charge de tout ou partie des mensualités.
Consultez la notice d’assurance dès la baisse de revenus. Les contrats prévoient souvent une franchise, des exclusions et un délai maximal pour déclarer le sinistre. Une déclaration tardive peut retarder ou empêcher l’indemnisation.
Le regroupement de crédits remplace plusieurs crédits ou dettes par un nouveau prêt assorti d’une mensualité unique, généralement moins élevée. Cette diminution est principalement obtenue en étalant le remboursement sur une durée plus longue.
Le rachat de crédit peut réunir un prêt auto avec un crédit personnel, un crédit renouvelable, un prêt travaux, un crédit immobilier ou une autre dette. Un regroupement comprend au moins deux crédits, ou un crédit et une autre dette. Si vous ne remboursez qu’un seul prêt automobile, commencez par solliciter son aménagement auprès du prêteur.
Une opération de rachat de crédit auto peut :
Elle ne réduit toutefois pas automatiquement le coût du crédit. Le nouveau prêt peut comporter des intérêts supplémentaires, des frais de dossier, une assurance et d’éventuelles indemnités de remboursement anticipé. L’établissement examine également les revenus, les charges, la stabilité de la situation et la capacité de remboursement avant de donner son accord.
Pour 20 000 € restant à rembourser sur 36 mois à 6 %, la mensualité est d’environ 608 € et les intérêts représentent 1 904 €. Sur 60 mois à 7 %, la mensualité descend à environ 396 €, soit une baisse proche de 35 %, mais les intérêts atteignent 3 761 €, hors frais et assurance.
Il faut donc comparer le coût restant des anciens crédits avec le coût total du nouveau financement, et pas seulement les deux mensualités. ABE Infoservice recommande également de vérifier la durée, les frais, l’assurance et les éventuelles garanties.
Solutis peut comparer les offres des organismes de rachat de crédit correspondant à votre situation. La demande est gratuite et sans engagement ; l’accord et les conditions dépendent de l’étude du dossier par les partenaires bancaires.
Contactez immédiatement le prêteur et ne laissez pas une échéance impayée sans explication. Demandez par écrit une baisse temporaire, un report ou un rééchelonnement, en joignant les justificatifs de vos difficultés.
Si aucun accord n’est trouvé et que la situation est temporaire, vous pouvez demander au juge des contentieux de la protection un délai de grâce. Le juge peut réduire ou suspendre les mensualités pendant une durée maximale de 2 ans, en fonction des revenus, des charges et des perspectives de rétablissement financier.
Lorsque les difficultés sont importantes et durables, un Point Conseil Budget peut établir gratuitement un diagnostic. Si vous ne pouvez plus faire face à l’ensemble de vos dettes et charges courantes, le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France peut devenir nécessaire.
Avant de souscrire, calculez la mensualité à partir de votre reste à vivre, et pas uniquement du montant que le prêteur accepte de financer. Le seuil de 35 % constitue un repère fréquemment utilisé, mais il ne s’agit pas d’un plafond légal propre au crédit auto.
Pour limiter le risque :
Une durée longue diminue la mensualité, mais augmente généralement les intérêts et peut conduire à rembourser encore le véhicule alors que sa valeur a fortement baissé.
Il est recommandé de contacter la banque prêteuse, de préférence avant le premier impayé. Vérifiez votre assurance emprunteur, puis demandez par écrit un report, une baisse temporaire ou un rééchelonnement des mensualités. Continuez à payer tant qu’aucun accord écrit n’a été obtenu. En cas de refus, le juge peut accorder un délai de grâce maximal de 2 ans. Si les difficultés sont durables, contactez un Point Conseil Budget ou la Banque de France.
Non, en cas de difficulté, la banque doit examiner les solutions possibles, mais elle n’est pas obligée d’accepter une baisse. Elle peut proposer un report, une réduction temporaire, un rééchelonnement ou une prolongation du crédit. Toute modification acceptée doit être formalisée par un avenant au contrat.
Il n’existe aucun nombre légal applicable à tous les crédits auto. Le contrat fixe le nombre d’échéances reportables et leurs conditions. En l’absence de clause, la banque peut accepter ou refuser la demande. Le délai de grâce judiciaire, pouvant atteindre 2 ans, constitue une procédure distincte.
Non, la baisse n’est pas automatique. Le regroupement vise généralement à réduire les mensualités en allongeant la durée de remboursement. Le résultat dépend toutefois du capital repris, du nouveau taux, de la durée, des frais et de l’assurance. Même si la mensualité baisse, le coût total du crédit peut augmenter.
Oui, mais jamais unilatéralement. La suspension doit être prévue par le contrat, acceptée par le prêteur ou accordée par un juge. Sa durée dépend du contrat : il n’existe pas de limite générale comprise entre 1 et 12 mois. Le report peut entraîner des frais, des intérêts supplémentaires et une prolongation du crédit. En cas de difficulté temporaire, le juge peut suspendre ou réduire les mensualités pendant 2 ans au maximum.
Pas toujours, car un report prévu par le contrat ou accordé par la banque peut entraîner des frais, des intérêts supplémentaires et une prolongation du crédit. L’assurance peut également rester due. En cas de difficulté temporaire, le juge peut accorder un délai de grâce maximal de 2 ans sans pénalités de retard.
Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.
Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin
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