Vers une cryptomonnaie française ?

Vers une cryptomonnaie française ?

La Banque de France va lancer une expérimentation de cryptomonnaie en 2020. Elle sera réservée aux établissements bancaires.

La carte bleue bientôt remisée au placard ?

Aujourd’hui, il est devenu inimaginable pour les consommateurs de se passer de leur carte bancaire. Plus pratique à l’usage pour sa rapidité et sa simplicité, la carte de paiement permet également de se passer de faire l’appoint pour les petites emplettes. Le succès de la carte bleue a de plus été renforcé grâce à la technologie sans-fil qui permet de réaliser des paiements sans contact. Dans une limite de 30 euros, le titulaire de la carte n’a plus besoin de renseigner son code secret à quatre chiffres.

De plus, le succès de la CB peut aussi s’expliquer par l’explosion du commerce en ligne. Bien souvent, pour accélérer la livraison des achats en e-commerce, la carte de crédit est devenue un réflexe. Par rapport à un virement ou à un chèque bancaire, le vendeur sur internet privilégiera la CB et pourra procéder à l’envoi dès le paiement validé.

Néanmoins, si la CB fait des émules, elle se confronte à l’émergence de nouvelles solutions de paiement, notamment sur smartphone (mobile connecté). De cette manière, les transactions se sont davantage digitalisées. Bien que la monnaie ne soit plus physique dans ce genre d’opérations, les euros restent quand même au cœur de ces transactions. La suite, le consommateur ne la voit pas nécessairement, mais le jeu d’écriture comptable entre ensuite en action entre les différentes banques impliquées. Cette procédure peut prendre jusqu’à plusieurs jours.

La blockchain à la rescousse des échanges bancaires

Justement, pour faciliter ces échanges intra-bancaires, la Banque de France réfléchit à mettre en place une cryptomonnaie. Réservée aux professionnels du secteur bancaire et financier, ce crypto-euro permettrait d’accélérer les opérations entre les établissements. A l’instar du Bitcoin, la monnaie virtuelle tricolore se baserait sur le système de la blockchain. Cette technologie, qui ressemble à un grand livre de compte enregistré sur diverses machines, est réputée infalsifiable. Le recours à la blockchain n’est pas anodin, car à l’heure où les banques cherchent à réduire leurs coûts dans un contexte de rentabilité en baisse (taux bas sur les crédits immobiliers), cette technologie permet de se passer d’opérateurs humains où l’erreur est parfois possible.

Cette monnaie digitale de la Banque de France va être expérimentée dès l’année prochaine. Le gouverneur de la banque centrale française espère, dans un futur plus lointain, que cette cryptomonnaie pourra également servir à monsieur et madame Toutlemonde pour les achats du quotidien. Dans la course de la lutte contre le blanchiment d’argent, le recours à la blockchain pourra se montrer utile. De plus, l’instauration d’une telle cryptomonnaie nationale voire européenne serait un pied-de-nez aux projets de monnaies de la part des GAFA.