L’équivalence de garanties permet de choisir une assurance de prêt immobilier différente de celle proposée par votre banque, à condition de respecter le niveau de protection qu’elle exige. Les contrats n’ont pas besoin d’être identiques : la comparaison repose sur des critères précis, définis dans le cadre du Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Voici comment connaître les exigences applicables à votre prêt, comparer les offres et obtenir l’accord du prêteur.

  • Ce qu'il faut retenir :

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    • La banque doit accepter une assurance emprunteur externe présentant un niveau de garantie équivalent à celui qu’elle exige pour votre financement.

    • Le prêteur sélectionne 11 critères maximum parmi 18, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 4 critères parmi 8 pour la garantie perte d’emploi.

    • Les garanties, les quotités et les critères indiqués dans la fiche personnalisée doivent être respectés : le seul intitulé des garanties ne suffit pas.

    • Pour un changement en cours de prêt, la banque dispose de 10 jours ouvrés après réception du dossier complet pour notifier sa décision.

Qu’est-ce que l’équivalence de garanties en assurance emprunteur ?

L’équivalence de garanties correspond à un niveau de couverture au moins équivalent aux exigences du prêteur. Elle permet de souscrire une assurance emprunteur auprès d’un autre organisme, au moment du financement ou pendant le remboursement du crédit.

Il ne s’agit pas de reproduire toutes les clauses du contrat bancaire. Un contrat externe peut employer des formulations différentes, proposer des options supplémentaires ou améliorer certaines protections, tout en répondant aux exigences de la banque.

La comparaison porte sur les risques couverts et leurs conditions de prise en charge. Deux contrats peuvent ainsi afficher une garantie incapacité sans indemniser les mêmes situations.

C’est la banque prêteuse qui apprécie l’équivalence, et non l’ancien assureur. Elle ne peut refuser un contrat conforme au seul motif qu’il provient d’un autre organisme : ce principe figure à l’article L313-30 du Code de la consommation.

La loi Lagarde a consacré le libre choix de l’assurance. Depuis la loi Lemoine, l’assurance d’un prêt immobilier à usage d’habitation ou mixte peut être changée à tout moment, sans attendre une date anniversaire, sous réserve de cette équivalence.

Combien de critères la banque peut-elle exiger ?

La banque peut retenir 11 critères au maximum parmi les 18 critères du CCSF concernant le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), l’incapacité et l’invalidité. Ce plafond s’applique à l’ensemble de ces garanties, pas à chacune séparément.

Si une garantie perte d’emploi est exigée, le prêteur peut sélectionner jusqu’à 4 critères supplémentaires parmi 8. Il existe donc 26 critères dans la grille complète, mais ils ne sont pas tous imposés à chaque emprunteur.

Le choix appartient à l’établissement prêteur, selon sa politique de risque, le type de financement et votre situation professionnelle. Les exigences peuvent ainsi différer pour une résidence principale, un investissement locatif ou un prêt in fine.

La banque précise également les garanties nécessaires et les quotités assurées, c’est-à-dire les pourcentages du prêt couverts pour chaque emprunteur. Ces éléments complètent les critères d’équivalence.

Les exigences générales sont accessibles sur le site du prêteur. Les niveaux retenus pour votre dossier doivent être précisés dans la fiche personnalisée.

Quels sont les 18 critères d’équivalence des garanties ?

Les 18 critères portent sur l’étendue de la couverture et les modalités d’indemnisation. La liste ci-dessous reprend les points de comparaison de la grille officielle du CCSF : seuls les critères sélectionnés pour votre dossier constituent les exigences à respecter.

Décès, PTIA et protections communes : 4 critères

  • 1. La couverture des sports amateurs pratiqués par l’emprunteur lors de la souscription.
  • 2. Le maintien des garanties lors de déplacements dans le monde entier, à titre personnel, professionnel ou humanitaire.
  • 3. La couverture du décès pendant toute la durée du prêt.
  • 4. La couverture de la PTIA pendant toute la durée du prêt.

Incapacité temporaire totale : 8 critères

  • 5. Le maintien de la garantie incapacité pendant toute la durée du prêt.
  • 6. Le délai de franchise maximal : 30, 60, 90, 120 ou 180 jours.
  • 7. Pour une personne en activité, l’évaluation de l’incapacité selon la profession exercée au jour du sinistre.
  • 8. Pour une personne en activité, une prestation égale à la mensualité assurée, sans calcul fondé sur la perte de revenus.
  • 9. Le maintien de la couverture en temps partiel thérapeutique, avec une prise en charge d’au moins 50 % pendant au moins 90 jours.
  • 10. La couverture des personnes inactives au moment du sinistre et le niveau de prise en charge prévu.
  • 11. La couverture des affections dorsales, avec ou sans condition d’hospitalisation ou d’intervention chirurgicale.
  • 12. La couverture des affections psychiatriques, avec ou sans condition d’hospitalisation.

Invalidité : 6 critères

  • 13. Le maintien de la garantie invalidité pendant toute la durée du prêt.
  • 14. L’évaluation de l’invalidité selon la profession exercée au jour du sinistre.
  • 15. L’indemnisation de l’invalidité totale sans référence à la perte de revenus.
  • 16. La prise en charge de l’invalidité permanente partielle (IPP) dès 33 % d’invalidité.
  • 17. La couverture des affections dorsales, avec ou sans condition d’hospitalisation ou d’intervention chirurgicale.
  • 18. La couverture des affections psychiatriques, avec ou sans condition d’hospitalisation.
Bon à savoir :

Le seuil de 33 % concerne le déclenchement de la garantie IPP. Il ne signifie pas que l’assureur rembourse automatiquement 33 % de votre mensualité : le montant versé relève des modalités du contrat.

Quels critères concernent la garantie perte d’emploi ?

La perte d’emploi fait l’objet de 8 critères distincts, dont 4 au maximum peuvent être retenus par la banque. Ces critères ne s’ajoutent à votre comparaison que si cette garantie est exigée pour votre financement.

Ils concernent :

  • la couverture pendant toute la durée du prêt, sans limite d’âge ;
  • la carence maximale avant application de la couverture : 3, 6 ou 12 mois ;
  • la franchise maximale : 60, 90 ou 120 jours ;
  • la durée d’indemnisation par sinistre : au moins 12 ou 24 mois ;
  • la durée totale d’indemnisation : au moins 36 mois ;
  • la part de l’échéance prise en charge ;
  • une prestation indépendante de la perte de revenus ;
  • l’absence de condition d’ancienneté en CDI pour prendre en charge le sinistre.

La carence se situe après la souscription, avant l’application de la couverture. La franchise correspond à la période suivant le sinistre pendant laquelle l’indemnisation n’est pas encore versée.

Comment vérifier que deux assurances présentent des garanties équivalentes ?

La méthode consiste à comparer chaque exigence de la fiche personnalisée avec les clauses du nouveau contrat. Vérifiez les documents contractuels définitifs, car une présentation commerciale ne détaille pas toujours les restrictions.

Distinguer la FSI de la fiche personnalisée

La fiche standardisée d’information ou FSI présente les garanties, les caractéristiques de l’assurance et une estimation de son coût. Elle doit être remise dès la première simulation chiffrée d’assurance.

La fiche personnalisée précise les garanties exigées pour votre prêt, les quotités et les niveaux attendus pour les critères sélectionnés. Elle sert de référence pour vérifier l’équivalence.

Lire les conditions de prise en charge

Une franchise de 120 jours ne satisfait pas une exigence fixée à 90 jours maximum. De même, une protection dorsale conditionnée à une hospitalisation ne répond pas à une exigence de couverture sans cette restriction.

Vérifiez aussi le mode d’indemnisation :

  • Forfaitaire : la prestation correspond au montant assuré prévu, dans les limites du contrat, sans être calculée sur votre perte de revenus.
  • Indemnitaire : la prestation tient compte de la perte de revenus, ce qui peut réduire le versement.

Enfin, contrôlez les exclusions personnelles, les plafonds de prestation, les limites d’âge et la date de fin des garanties. Une option annoncée dans la notice générale peut être limitée par vos conditions particulières.

Bon à savoir :

L’équivalence vérifie les exigences de la banque. Un contrat accepté peut néanmoins être moins protecteur sur une option non exigée : comparez aussi les garanties utiles à votre situation.

Peut-on payer moins cher avec des garanties équivalentes ?

Oui, une assurance moins chère peut offrir une couverture équivalente ou supérieure. Le prix ne constitue pas un critère d’équivalence : l’économie doit être évaluée après vérification des garanties et des quotités.

Prenons un exemple indicatif : il reste 10 ans de crédit à rembourser, avec une quotité exigée de 100 %. La banque demande notamment une franchise incapacité de 90 jours maximum et une indemnisation forfaitaire.

Point comparé Exigence bancaire Offre A Offre B
Quotité 100 % 100 % 100 %
Franchise incapacité 90 jours maximum 60 jours 120 jours
Indemnisation Forfaitaire Forfaitaire Forfaitaire
Résultat sur ces points Respect des exigences Conforme Franchise à corriger

L’offre A satisfait les exigences présentées, sous réserve de vérifier les autres critères. L’offre B peut être refusée à cause de sa franchise, même si son tarif est inférieur.

Supposons que l’assurance actuelle coûte 60 € par mois et l’offre A 35 €, avec des cotisations constantes pendant les 120 mois restants. L’économie serait de 3 000 €, soit (60 − 35) × 120, hors éventuels frais du nouveau contrat ou de l’intermédiaire.

Si les cotisations évoluent, comparez les échéanciers sur une même durée plutôt que la seule première mensualité.

Comment faire valider l’équivalence et dans quel délai ?

Pour un changement en cours de prêt, la banque doit notifier sa décision sous 10 jours ouvrés après réception du dossier complet. Ce délai concerne son examen : il n’inclut pas le temps nécessaire à la recherche et à la souscription de la nouvelle assurance.

Pour présenter votre demande :

  • 1. Récupérez la fiche personnalisée et les références du crédit.
  • 2. Transmettez ces exigences à l’assureur ou au courtier chargé de rechercher le contrat.
  • 3. Adressez à la banque le certificat d’assurance, la notice ou les conditions générales et les conditions particulières nécessaires à la comparaison.
  • 4. Faites apparaître les quotités, la date de prise d’effet, le coût de l’assurance et la désignation du prêteur comme bénéficiaire.
  • 5. Conservez une preuve de réception de votre demande et des pièces jointes.

Un tableau établi par l’assureur ou le courtier, reliant chaque exigence à la clause correspondante, facilite la lecture du dossier.

En cas d’acceptation, l’avenant au crédit doit également être établi dans les 10 jours ouvrés suivant la réception de la demande complète, conformément à l’article L313-31 du Code de la consommation. La banque ne peut facturer l’étude d’équivalence ou l’avenant, ni augmenter le taux du prêt en raison du changement, selon l’article L313-32.

Pour préparer l’ensemble de la procédure, consultez les démarches pour changer d’assurance de prêt immobilier.

Bon à savoir :

Coordonnez la fin de l’ancien contrat et la prise d’effet du nouveau après l’accord de la banque. Le changement doit préserver la continuité de votre couverture.

Que faire si la banque refuse l’équivalence des garanties ?

Un refus doit être explicite et présenter tous ses motifs, en précisant, si nécessaire, les garanties ou les informations manquantes. La banque ne peut se contenter d’une différence de rédaction entre les contrats pour écarter une couverture équivalente.

Transmettez le refus au professionnel qui vous a proposé la nouvelle assurance. Il pourra identifier une pièce manquante, demander une adaptation du contrat ou démontrer, clause à l’appui, que le critère est respecté.

Si le désaccord persiste, adressez une réclamation écrite au service compétent de la banque. Joignez la fiche personnalisée, les documents d’assurance, le refus et votre comparaison des clauses litigieuses.

Vous pouvez ensuite saisir gratuitement le médiateur bancaire si la réponse à votre réclamation ne vous satisfait pas ou en l’absence de réponse sous deux mois. Conservez les échanges datés pour documenter votre demande.

La foire aux questions (FAQ)

Faut-il conserver toutes les options de l’ancienne assurance ?

Non, l’équivalence n’impose pas de reprendre toutes les options si elles ne font pas partie des exigences de la banque. Vérifiez néanmoins leur utilité avant de les supprimer, car l’acceptation bancaire ne garantit pas une protection identique dans toutes les situations.

Une meilleure garantie décès compense-t-elle une garantie incapacité insuffisante ?

Non, une amélioration sur une garantie ne compense pas automatiquement le non-respect d’un autre critère exigé. Si la banque demande une franchise incapacité de 90 jours maximum, une franchise de 120 jours doit être corrigée, même avec une meilleure couverture décès.

Peut-on réduire sa quotité lors d’un changement d’assurance ?

Une baisse de quotité nécessite l’accord de la banque si elle modifie le niveau de couverture exigé. Présenter une assurance à 50 % alors que 100 % sont requis ne respecte pas les conditions du financement.

Qui fournit une attestation d’équivalence des garanties ?

L’assureur ou le courtier peut fournir une attestation ou un tableau comparatif justifiant la conformité du contrat proposé. Ce document facilite l’analyse, mais la décision d’acceptation appartient au prêteur.

Le silence de la banque après 10 jours vaut-il acceptation ?

Non, l’absence de réponse ne vaut pas accord tacite, comme le précise ABE Infoservice. Relancez la banque par écrit et maintenez votre couverture actuelle tant que la substitution n’est pas confirmée.

Photo Mathieu Dubuffet
Rédigé par Mathieu DUBUFFET - Rédacteur expert de Solutis -Linkedin

Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.

Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin

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