Les principales garanties d’une assurance de prêt immobilier couvrent le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), l’invalidité permanente totale ou partielle (IPT ou IPP) et l’incapacité temporaire de travail (ITT). La perte d’emploi peut être ajoutée en option. Aucune assurance emprunteur n’est légalement obligatoire, mais la banque l’exige presque toujours pour accorder un crédit immobilier et fixe le niveau minimal de couverture attendu.

  • Ce qu'il faut retenir :

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    • Les garanties décès et PTIA forment généralement le socle minimal, auquel s’ajoutent souvent l’IPT et l’ITT pour financer une résidence principale.

    • L’IPT se déclenche le plus souvent à partir d’un taux d’invalidité de 66 %, tandis que l’IPP couvre habituellement un taux compris entre 33 % et 66 %, selon le barème du contrat.

    • Le caractère exigé d’une garantie dépend de la banque, du projet et du profil ; la garantie perte d’emploi reste toujours facultative.

    • Avant de souscrire, comparez la quotité assurée, les exclusions, les limites d’âge, la franchise et le mode d’indemnisation, et pas seulement le prix.

Quelles garanties peut contenir une assurance de prêt immobilier ?

Une assurance emprunteur peut comprendre six garanties principales : décès, PTIA, IPT, IPP, ITT et perte d’emploi. Chacune répond à un risque différent et n’entraîne pas nécessairement le même type de prise en charge.

Garantie Situation couverte Prise en charge habituelle Statut courant
Décès Décès de l’assuré avant l’âge limite Capital restant dû, selon la quotité Presque toujours exigée
PTIA Invalidité définitive avec besoin d’une tierce personne Capital restant dû ou échéances, selon le contrat Généralement exigée
IPT Invalidité permanente totale, souvent dès 66 % Échéances ou capital, selon le contrat Souvent exigée pour la résidence principale
IPP Invalidité permanente partielle, souvent de 33 % à moins de 66 % Part des échéances prévue au contrat Complément variable
ITT Arrêt de travail temporaire total Échéances après la franchise Souvent exigée pour la résidence principale
Perte d’emploi Perte involontaire d’un emploi salarié Tout ou partie des échéances pendant une durée limitée Facultative

La banque indique ses exigences dans une fiche personnalisée ; l’assureur précise les conditions exactes dans la notice d’information.

Que couvre la garantie décès ?

La garantie décès rembourse à la banque le capital restant dû à la date du décès, dans la limite de la quotité assurée. Elle protège ainsi les héritiers ou le co-emprunteur, qui n’ont pas à supporter la part de dette prise en charge par l’assureur. Elle comporte généralement un âge de fin de couverture et des exclusions précisément énumérées.

Que couvre la garantie PTIA ?

La PTIA intervient dans la forme d’invalidité la plus lourde. L’assuré doit être définitivement incapable d’exercer une activité rémunérée et avoir besoin de l’assistance totale et constante d’une tierce personne pour accomplir plusieurs actes ordinaires de la vie : se laver, s’habiller, se nourrir ou se déplacer.

Une pension d’invalidité de troisième catégorie peut être demandée, sans suffire à elle seule à déclencher la garantie. La définition et la limite d’âge du contrat restent déterminantes.

Quelle différence entre IPT, IPP et ITT ?

L’IPT et l’IPP couvrent une invalidité consolidée et durable, tandis que l’ITT concerne une incapacité temporaire à travailler. Ces garanties ne doivent donc pas être confondues :

  • l’IPT correspond le plus souvent à un taux d’invalidité au moins égal à 66 % ;
  • l’IPP, proposée en complément de l’IPT, couvre généralement un taux au moins égal à 33 % et inférieur à 66 % ;
  • l’ITT peut intervenir pendant un arrêt de travail total causé par une maladie ou un accident, après expiration de la franchise.

Le taux d’invalidité est évalué par le médecin-conseil de l’assureur à partir du barème prévu au contrat, souvent en croisant incapacité fonctionnelle et incapacité professionnelle. La reconnaissance d’une invalidité par la Sécurité sociale ne déclenche donc pas automatiquement l’assurance du prêt.

En cas de reprise même partielle du travail, l’indemnisation ITT cesse généralement. Certains contrats maintiennent toutefois une prise en charge limitée lors d’un mi-temps thérapeutique.

Comment fonctionne la garantie perte d’emploi ?

La garantie perte d’emploi couvre généralement un licenciement ouvrant droit à l’assurance chômage, mais seulement dans les limites du contrat. Elle s’adresse le plus souvent aux salariés et peut exclure la démission, la rupture conventionnelle, la fin d’un contrat à durée déterminée ou le licenciement pour faute.

La prise en charge peut être partielle, plafonnée et limitée dans le temps. Elle commence après le délai de carence suivant l’adhésion et la franchise décomptée après la perte d’emploi.

Quelles garanties d’assurance de prêt immobilier sont obligatoires ?

Aucune garantie d’assurance emprunteur n’est obligatoire par la loi. En pratique, la banque peut néanmoins conditionner son offre de prêt à la souscription des protections qu’elle juge nécessaires. Cette distinction évite de présenter décès et PTIA comme des obligations légales universelles.

Pour un investissement locatif, la banque demande fréquemment décès et PTIA. Pour une résidence principale ou secondaire, elle exige souvent aussi l’IPT et l’ITT. L’IPP dépend davantage de sa politique et du profil de l’emprunteur.

La perte d’emploi reste facultative : selon le ministère de l’Économie, la banque ne peut pas l’imposer. Les exigences exactes figurent dans la fiche personnalisée remise avec la fiche standardisée d’information.

Comment la quotité détermine-t-elle le montant remboursé ?

La quotité est la part du capital couverte pour chaque assuré : l’indemnisation ne peut pas dépasser cette proportion. Pour un emprunteur seul, la banque demande généralement une couverture à 100 %. À deux, la somme des quotités doit habituellement atteindre au moins 100 % et peut monter à 200 %, avec 100 % sur chaque tête.

Une répartition 50/50 réduit le coût, mais ne rembourse que la moitié de la dette si l’un des co-emprunteurs décède. Une répartition 100/100 offre une protection maximale : le décès de l’un peut entraîner le remboursement de la totalité du capital restant dû, sous réserve des conditions et exclusions du contrat.

Exemple indicatif de prise en charge

Un couple rembourse un prêt dont le capital restant dû s’élève à 180 000 € :

  • avec une quotité de 50 % par personne, le décès de l’un déclenche un versement de 90 000 € à la banque ; les 90 000 € restants continuent d’être remboursés ;
  • avec une quotité de 100 % par personne, l’assureur peut rembourser les 180 000 € restants et solder le prêt.

Pour une mensualité de 1 200 €, une ITT couverte à 50 % sur une base forfaitaire peut prendre en charge jusqu’à 600 € par mois après la franchise. Une couverture indemnitaire pourrait verser moins si la perte réelle de revenus est inférieure à ce montant.

Quelles clauses faut-il comparer pour être réellement couvert ?

Deux contrats portant les mêmes noms de garanties peuvent protéger très différemment. La comparaison doit porter sur les définitions et conditions de déclenchement suivantes :

  • l’incapacité à exercer votre profession ou toute profession ;
  • le barème médical et les seuils retenus pour l’IPT et l’IPP ;
  • le mode forfaitaire, fondé sur l’échéance assurée, ou indemnitaire, limité à la perte de revenus ;
  • les franchises, délais de carence et conditions applicables aux rechutes ;
  • les limites d’âge de souscription et de fin de garantie ;
  • les exclusions générales ou particulières : sports à risque, profession dangereuse, affections dorsales ou psychiques, notamment ;
  • la couverture d’une reprise à temps partiel thérapeutique et des personnes sans activité professionnelle.

Attention : Une franchise ITT de 90 jours est fréquente, mais certains contrats prévoient 120 ou 180 jours. Des délais de carence peuvent aussi s’appliquer. Aucun délai unique ne vaut pour toutes les assurances : seule la notice contractuelle fait foi.

Bon à savoir :

Un avis du CCSF du 26 mai 2026 prévoit une harmonisation progressive pour les nouveaux contrats depuis le 1er septembre 2026, avec généralisation au plus tard le 1er juin 2027. Les engagements portent notamment sur les seuils de 66 % pour l’IPT et de 33 % pour l’IPP, l’évaluation selon la profession exercée et une meilleure explication du calcul de l’invalidité. Les anciens contrats peuvent encore présenter d’autres règles.

Combien coûtent les garanties d’une assurance emprunteur ?

Le coût augmente généralement avec l’étendue de la couverture, mais il dépend aussi de l’âge, de la santé lorsque sa sélection est autorisée, du tabagisme, de la profession, des activités pratiquées, du montant assuré, de la durée et des quotités. Ajouter l’IPP, racheter une exclusion ou réduire la franchise peut ainsi augmenter la cotisation tout en renforçant la protection.

Le taux annuel effectif de l’assurance ou TAEA, le coût total en euros et le coût sur les huit premières années facilitent la comparaison. Les cotisations peuvent être calculées sur le capital initial ou restant dû et évoluer différemment.

Une assurance moins chère peut prévoir une franchise plus longue, une prise en charge indemnitaire ou davantage d’exclusions.

Faut-il remplir un questionnaire de santé pour bénéficier des garanties ?

Aucun questionnaire ni examen médical ne peut être demandé lorsque la part assurée sur l’encours cumulé des crédits ne dépasse pas 200 000 € par personne et que le prêt est intégralement remboursé avant le 60e anniversaire de l’assuré. Ces deux conditions doivent être réunies.

Dans les autres situations, l’assureur peut proposer un tarif standard, une surprime, une exclusion, un ajournement ou un refus. Les réponses doivent être exactes : une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat.

En cas de risque aggravé de santé, la convention AERAS s’applique automatiquement. Son examen approfondi d’un prêt immobilier suppose notamment une part assurée cumulée ne dépassant pas 420 000 € et une fin de contrat avant 71 ans, selon le site officiel AERAS. La banque peut aussi étudier une garantie alternative sans être tenue de l’accepter.

Comment choisir ou changer son contrat sans perdre de garanties ?

Le bon contrat respecte les exigences de la banque tout en couvrant les risques importants pour votre situation. La fiche standardisée présente son coût et ses caractéristiques ; la fiche personnalisée recense les critères exigés par le prêteur.

Avant de signer, il est utile de suivre quatre étapes :

  • 1. Identifier les garanties et la quotité demandées par la banque ;
  • 2. Comparer les définitions, exclusions, franchises et limites d’âge ;
  • 3. Vérifier l’équivalence du niveau de garantie avec la fiche personnalisée ;
  • 4. Comparer le TAEA, le coût total et le coût sur la durée probable de détention du prêt.

Vous pouvez retenir le contrat collectif de la banque ou un contrat individuel auprès d’un autre assureur. Cette délégation d’assurance de prêt ne peut entraîner ni hausse du taux du crédit ni frais supplémentaires si le niveau de garantie est équivalent.

La loi Lemoine permet de changer d’assurance à tout moment, sans frais. Le prêteur doit motiver un refus fondé sur l’absence d’équivalence. En cas d’acceptation, il dispose de 10 jours ouvrés pour modifier le prêt par avenant.

Comment activer une garantie après un sinistre ?

Le sinistre doit être déclaré à l’assureur dans le délai et selon la procédure indiqués au contrat. L’assuré ou ses proches transmettent les justificatifs demandés : certificat médical et arrêts de travail, rapport d’hospitalisation, titre de pension, attestation de France Travail ou acte de décès selon la garantie concernée.

L’assureur vérifie la définition du sinistre, la quotité, les exclusions, l’âge limite et la franchise. Pour l’IPT ou l’IPP, une expertise peut fixer le taux d’invalidité après consolidation. L’indemnité est généralement versée au prêteur.

En cas de désaccord, il convient d’adresser d’abord une réclamation écrite au service compétent de l’assureur, puis de saisir gratuitement le médiateur mentionné dans le contrat si le litige persiste.

Comment obtenir des garanties adaptées avec Solutis ?

Solutis peut comparer les contrats compatibles avec les exigences de la banque et le profil de l’emprunteur. L’intervention d’un courtier en assurance de prêt immobilier permet notamment de rapprocher les quotités, exclusions, franchises, modes d’indemnisation et coûts, sans réduire l’analyse au seul tarif.

Une demande d’étude d’assurance emprunteur permet d’examiner le prêt et les garanties requises, puis de rechercher une couverture équivalente. La notice reste la référence pour connaître les conditions d’indemnisation.

La foire aux questions (FAQ)

Une pension d’invalidité de la Sécurité sociale suffit-elle pour déclencher l’IPT ?

Non, pas automatiquement. Le médecin-conseil de l’assureur applique la définition et le barème prévus au contrat, qui peuvent aboutir à un résultat différent du classement retenu par la Sécurité sociale.

L’assurance emprunteur couvre-t-elle tous les arrêts maladie ?

Non : l’arrêt doit correspondre à la définition contractuelle de l’ITT et dépasser la franchise. Une exclusion, une reprise même partielle du travail ou l’absence de perte couverte dans un contrat indemnitaire peut limiter ou empêcher le versement.

Les affections du dos et les troubles psychiques sont-ils couverts ?

Ils peuvent être couverts, exclus ou soumis à des conditions particulières, comme une hospitalisation ou une atteinte objectivable. Il faut vérifier les exclusions et, si possible, comparer le coût d’un rachat d’exclusion.

Peut-on être assuré à 100 % sur chaque co-emprunteur ?

Oui, une quotité de 100 % sur chaque tête porte la couverture totale à 200 %. Si l’un décède, l’assurance peut solder tout le capital restant dû ; elle ne verse toutefois pas davantage que la dette couverte.

Une garantie peut-elle s’arrêter avant la fin du crédit immobilier ?

Oui, le contrat peut fixer un âge de cessation différent pour le décès, la PTIA, l’ITT ou l’invalidité. Il faut donc comparer l’âge de fin de chaque garantie avec l’âge prévu au terme du prêt.

La garantie perte d’emploi couvre-t-elle une rupture conventionnelle ?

Le plus souvent, non, mais la réponse dépend du contrat. De nombreuses assurances limitent la couverture au licenciement involontaire ouvrant droit aux allocations chômage et excluent la démission, la rupture conventionnelle ou le licenciement pour faute.

Les sports à risque empêchent-ils de souscrire une assurance de prêt ?

Pas nécessairement : l’assureur peut accepter le risque avec une surprime, une exclusion ou un rachat d’exclusion. Une activité non déclarée alors qu’elle est demandée dans le questionnaire peut compromettre l’indemnisation.

L’IPP est-elle incluse automatiquement avec l’IPT ?

Non, l’IPP est une garantie complémentaire qui n’est pas proposée dans tous les contrats. Sa présence, son seuil de déclenchement et sa formule d’indemnisation doivent être vérifiés séparément.

Photo Mathieu Dubuffet
Rédigé par Mathieu DUBUFFET - Rédacteur expert de Solutis -Linkedin

Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.

Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin

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