Oui, l’assurance emprunteur peut prendre en charge les mensualités d’un prêt immobilier en cas d’arrêt pour grossesse pathologique, grâce à la garantie incapacité temporaire totale de travail (ITT). L’indemnisation suppose toutefois de respecter les conditions du contrat, notamment la franchise, les exclusions et la quotité assurée. Un congé maternité sans complication ne déclenche pas, à lui seul, cette garantie.
Ce qu'il faut retenir :
• Une grossesse pathologique peut ouvrir droit au remboursement des mensualités par la garantie ITT, si les complications entraînent une incapacité couverte par le contrat.
• Avec une franchise de 90 jours, un arrêt couvert de 60 jours ne donne normalement lieu à aucune indemnisation par l’assurance de prêt.
• Le congé pathologique prénatal de 14 jours maximum est indemnisé au titre de la maternité par l’Assurance Maladie ; cela ne garantit pas sa couverture par l’assurance emprunteur.
• Pour demander une prise en charge, déclarez l’arrêt dans le délai contractuel et transmettez les justificatifs demandés, sans attendre la fin de la franchise.
Une grossesse pathologique peut être couverte lorsqu’elle entraîne une incapacité de travailler reconnue au sens du contrat. Le diagnostic médical et la prescription d’un arrêt sont nécessaires à l’étude du dossier, mais ne suffisent pas à garantir son acceptation.
Une grossesse est dite pathologique lorsqu’elle présente des complications ou des risques nécessitant une surveillance particulière. Une hypertension, certaines complications d’un diabète gestationnel ou une menace d’accouchement prématuré peuvent, selon la situation médicale, justifier un arrêt de travail.
Pour mobiliser l’assurance, vérifiez que la garantie ITT figure bien dans votre certificat d’adhésion. Une couverture limitée au décès et à la perte totale et irréversible d’autonomie ne rembourse pas un simple arrêt maladie.
La définition de l’incapacité mérite également votre attention : certains contrats apprécient l’impossibilité d’exercer votre profession, d’autres celle d’exercer toute activité professionnelle. Cette distinction est détaillée par Assurance Banque Épargne Info Service sur le fonctionnement de la garantie ITT.
Enfin, consultez les clauses concernant la grossesse, les périodes de maternité et les affections éventuellement exclues. Demandez une confirmation écrite de la couverture applicable à votre arrêt.
Le congé maternité ordinaire n’est pas une incapacité pour maladie. Une complication de grossesse peut, en revanche, justifier une absence médicale dont la couverture doit être examinée séparément.
Pour une salariée, le congé maternité est généralement de 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant, et de 26 semaines lorsqu’elle attend un enfant et a déjà au moins deux enfants à charge. Sa durée augmente en cas de naissance multiple.
En cas d’état pathologique, le Code du travail prévoit une prolongation pouvant atteindre 2 semaines avant l’accouchement et 4 semaines après, sur justification médicale. Ces durées sont fixées par l’article L1225-21 du Code du travail.
Sur le plan de l’indemnisation sociale, le congé pathologique prénatal de 14 jours maximum relève de la maternité. Un arrêt maladie supplémentaire peut être prescrit si l’état de santé le nécessite : les 14 jours ne constituent donc pas la durée maximale de tout arrêt lié à la grossesse.
| Situation | Nature de l’absence | Assurance emprunteur |
|---|---|---|
| Congé maternité sans complication | Congé légal | Pas de prise en charge ITT à ce seul titre |
| Congé pathologique prénatal | Jusqu’à 14 jours, indemnisés en maternité | Couverture à vérifier ; franchise potentiellement bloquante |
| Arrêt prolongé pour une complication | Arrêt médical justifié | ITT possible si les conditions sont remplies |
| Incapacité persistante après l’accouchement | Arrêt médical distinct du congé ordinaire | Étude selon la pathologie et les clauses du contrat |
L’Assurance Maladie confirme le régime d’indemnisation du congé pathologique prénatal. Sa décision d’indemniser une absence ne vaut pas accord de remboursement de votre crédit par l’assureur.
L’indemnisation commence après la franchise prévue au contrat, si l’incapacité couverte se poursuit. Il n’existe pas de délai unique applicable à tous les arrêts pour grossesse pathologique.
Avec une franchise contractuelle de 90 jours, les 90 premiers jours d’incapacité ne sont normalement pas indemnisés. La prise en charge peut commencer au 91e jour, sous réserve que les conditions restent remplies.
Un arrêt de 30 ou 60 jours ne suffit donc pas dans cet exemple. Une franchise plus courte peut améliorer la protection face à un arrêt intervenant pendant la grossesse.
Il faut distinguer cette franchise du délai de carence, lorsqu’il existe : celui-ci correspond à une période suivant la prise d’effet du contrat pendant laquelle une garantie ne s’applique pas encore.
Ne supposez pas que l’assurance continuera à rembourser le prêt jusqu’à votre reprise professionnelle. Le début du congé maternité peut interrompre l’indemnisation selon les clauses applicables.
Demandez à l’assureur de préciser les dates retenues et le traitement d’une éventuelle incapacité persistante. Il ne faut pas additionner automatiquement arrêt maladie et congé maternité pour atteindre la franchise.
Le remboursement dépend principalement de votre quotité assurée et du mode d’indemnisation. Une prise en charge à 100 % de la mensualité n’est donc pas systématique.
La quotité correspond à la part du prêt couverte pour chaque emprunteur. Pour une mensualité garantie de 1 200 €, une quotité ITT de 50 % représente une base de prise en charge de 600 €, avant application des autres limites.
Deux modalités doivent être distinguées :
Ces informations figurent dans la fiche standardisée d’information sur l’assurance emprunteur. Vérifiez également les plafonds et la durée maximale de versement.
Une emprunteuse rembourse 1 200 € par mois, hors cotisation d’assurance. Sa garantie ITT est forfaitaire, avec une quotité de 50 % et une franchise de 90 jours.
L’assureur reconnaît 120 jours continus d’incapacité couverte, entièrement situés avant le congé maternité. Le contrat prévoit, dans cet exemple, un calcul journalier sur une base de 30 jours par mois, sans autre plafond applicable.
La période indemnisable est de 120 − 90 = 30 jours. La prestation s’élève à 1 200 € × 50 % × 30/30 = 600 €.
Les premiers 90 jours restent à financer par le foyer. Le calcul réel peut différer selon le décompte contractuel, les dates des échéances et les éventuelles limitations.
Vous devez ouvrir un dossier de demande d’indemnisation auprès du gestionnaire indiqué dans votre contrat. La transmission de l’arrêt à la CPAM ou à l’employeur ne déclenche pas automatiquement l’assurance du crédit.
Procédez en quatre étapes :
Adressez les renseignements médicaux détaillés au service médical de l’assureur, par le canal confidentiel prévu. Le conseiller bancaire n’a pas à recevoir l’intégralité de votre dossier médical. Le délai d’étude et de premier versement dépend ensuite des pièces reçues et d’une éventuelle expertise.
Continuez à payer vos échéances pendant l’étude du dossier. Une déclaration de sinistre ne suspend pas le crédit ; tout report doit être prévu au contrat de prêt ou accepté par la banque.
Il n’existe pas d’obligation générale de déclarer spontanément toute grossesse. Les démarches diffèrent entre une nouvelle souscription, un contrat déjà en cours et une demande d’indemnisation.
Pour les assurances relevant du Code des assurances et les prêts immobiliers résidentiels concernés, l’assureur ne peut demander ni information de santé ni examen médical lorsque :
Cette dispense résulte de l’article L113-2-1 du Code des assurances. Elle ne supprime pas les conditions de mise en jeu des garanties.
L’article L113-2 du Code des assurances impose des réponses exactes aux questions de l’assureur. Une grossesse normale ne doit pas être assimilée automatiquement à une maladie.
En revanche, un arrêt en cours, un traitement ou une complication doivent être indiqués lorsqu’ils entrent dans le champ des questions posées. Respectez aussi les périodes sur lesquelles portent les questions relatives aux antécédents.
L’absence de déclaration spontanée d’une grossesse ne constitue donc pas, à elle seule, une fausse déclaration. Une dissimulation intentionnelle d’un élément demandé peut, en revanche, compromettre la couverture.
Une grossesse survenant après la souscription ne justifie pas une nouvelle sélection médicale ou une majoration pour aggravation de l’état de santé. L’article L113-4 du Code des assurances écarte ce mécanisme pour les assurances sur la vie et les modifications de santé en assurance maladie.
Vous devez néanmoins déclarer l’arrêt si vous demandez l’application de la garantie ITT.
La grossesse en elle-même ne justifie pas une surprime. L’article L111-7 du Code des assurances interdit notamment un traitement moins favorable des femmes en matière de primes et de prestations pour les frais liés à la grossesse et à la maternité.
Lorsqu’un questionnaire médical est autorisé, une pathologie ou des complications constituant un risque aggravé de santé peuvent toutefois nécessiter une étude individualisée. Une proposition avec garanties aménagées, une surprime liée au risque médical ou un refus peuvent résulter de cette évaluation, dans le respect du cadre légal.
Il n’existe pas de pourcentage standard de majoration pour une grossesse pathologique. Comparez le coût total, la franchise, les exclusions et la définition de l’ITT avant de souscrire une assurance emprunteur.
Si une maladie empêche l’accès à une assurance aux conditions habituelles, la convention AERAS peut faciliter l’examen du dossier. Elle concerne les risques aggravés de santé et ne constitue pas un dispositif spécifique à la grossesse.
Comme le précise Service-Public sur l’application d’AERAS, cette procédure n’oblige pas l’assureur à proposer un contrat. Elle ne garantit pas non plus la couverture de l’arrêt concerné.
Oui, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment, sous réserve d’un niveau de garanties équivalent à celui exigé par la banque. La loi Lemoine permet cette résiliation sans frais, sans attendre la première année ou une échéance annuelle.
Avant de changer votre assurance de prêt, comparez l’offre définitive, les formalités médicales éventuelles et la couverture des complications de grossesse. L’accouchement ne provoque pas automatiquement une baisse de cotisation ni la suppression d’une exclusion.
Pour un prêt déjà signé, la banque dispose de 10 jours ouvrés à réception du dossier complet pour notifier sa décision et, en cas d’acceptation, émettre l’avenant.
Si un arrêt est déjà en cours, obtenez une confirmation écrite du traitement du sinistre avant toute substitution. Le nouveau contrat ne couvre pas automatiquement un événement commencé avant sa prise d’effet. Coordonnez les dates pour assurer la continuité de la couverture.
Demandez d’abord le motif précis du refus et la clause invoquée. Un désaccord peut porter sur la qualification de l’incapacité, une période de maternité, la franchise ou une exclusion.
Vérifiez la chronologie de l’arrêt et sollicitez, si nécessaire, des précisions médicales auprès du praticien qui vous suit. En cas de désaccord médical, consultez les modalités de contre-expertise prévues au contrat.
Adressez ensuite une réclamation écrite au service compétent, avec les justificatifs utiles. Vous pouvez saisir gratuitement le médiateur après une réponse définitive insatisfaisante ou, en tout état de cause, deux mois après votre réclamation écrite.
L’hospitalisation n’est pas une condition universelle de la garantie ITT. Un arrêt à domicile pour grossesse pathologique peut être couvert si les critères médicaux et contractuels sont remplis ; vérifiez toute condition particulière prévue dans votre notice.
Pas nécessairement avec une indemnisation forfaitaire, qui repose sur la mensualité assurée. Avec un contrat indemnitaire, le maintien du salaire peut réduire ou supprimer la prestation puisqu’elle est calculée selon la perte de revenus.
La garantie ITT du conjoint ne couvre pas votre propre incapacité. Pour une prise en charge de votre arrêt, vous devez vous-même être assurée au titre de cette garantie ; votre quotité détermine alors la part potentiellement remboursée.
Certains contrats couvrent les personnes sans activité professionnelle, en appréciant l’incapacité à réaliser les occupations habituelles définies par la notice. D’autres exigent une activité au moment du sinistre : ce point doit être vérifié avant de demander une prise en charge.
La reprise, même partielle, met généralement fin à la garantie ITT. Une poursuite des versements reste possible si le contrat prévoit expressément une couverture du temps partiel thérapeutique.
Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.
Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin
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