Acheter un bien immobilier en Suisse quand on est Français est possible, mais les conditions d’achat et de financement varient selon votre situation. Un Français déjà installé en Suisse avec le bon statut de séjour n’achète pas dans les mêmes conditions qu’un frontalier ou qu’un non-résident vivant en France. Le financement diffère lui aussi selon le dossier : hypothèque suisse, prêt adossé à un bien situé en France ou réorganisation de crédits existants. Avant de lancer votre projet immobilier en Suisse, trois questions doivent être clarifiées : pouvez-vous acheter ce bien en Suisse ? avez-vous besoin d’une autorisation ? quel financement immobilier est le plus adapté à votre profil ? Voici ce qu’il faut savoir.
Ce qu'il faut retenir :
• Un Français peut acheter un bien immobilier en Suisse, mais les règles varient selon son statut : résident en Suisse, frontalier ou non-résident vivant en France.
• Un titulaire d’un permis C peut en principe acheter un logement en Suisse dans les mêmes conditions qu’un citoyen suisse, sans autorisation spécifique.
• Un frontalier UE/AELE avec permis G peut acquérir sans autorisation une résidence secondaire dans la région de son lieu de travail, dans le cadre prévu par la réglementation.
• Un Français vivant en France peut être soumis à des restrictions et, selon le bien visé, à une autorisation préalable pour acheter en Suisse.
• Le financement immobilier en Suisse repose le plus souvent sur une hypothèque couvrant jusqu’à 80 % de la valeur du bien, avec au moins 20 % d’apport, sous forme de taux fixe ou indexé sur le SARON.

Oui, un Français peut acheter un bien immobilier en Suisse, mais les conditions d’acquisition ne sont pas les mêmes selon son statut de résidence, le type de bien visé et l’usage prévu. Une résidence principale, une résidence secondaire ou un logement de vacances ne relèvent pas du même cadre en Suisse.
Autrement dit, il ne suffit pas d’être ressortissant français ou européen pour acheter librement un logement, une maison ou un terrain partout dans le pays. Avant de signer un compromis ou de lancer une demande de financement, il faut vérifier si votre projet concerne une résidence principale en Suisse, une résidence secondaire, un logement de vacances ou un bien à usage professionnel.
Oui. Si vous disposez d’une autorisation d’établissement (permis C), vous avez en principe les mêmes droits qu’un citoyen suisse pour acheter un bien immobilier en Suisse, qu’il s’agisse d’un logement ou d’un terrain. Dans ce cas, vous pouvez acheter une résidence principale dans les mêmes conditions qu’un Suisse, sans autorisation spécifique pour un bien résidentiel.
Cette situation est donc la plus simple pour un Français qui souhaite s’installer durablement dans le pays. En revanche, le fait d’acheter un bien immobilier en Suisse ne crée pas, à lui seul, un droit au séjour.
Oui, mais dans un cadre précis. Si vous êtes ressortissant UE/AELE et travaillez en Suisse avec un permis G, vous pouvez acquérir sans autorisation une résidence secondaire en Suisse dans la région de votre lieu de travail.
Le frontalier ne se trouve donc pas dans la même situation qu’un non-résident vivant en France sans activité en Suisse. Son statut lui permet d’acheter plus facilement certains biens, mais dans un périmètre encadré par la réglementation.
Oui, un Français vivant en France peut acheter un bien immobilier en Suisse, mais pas librement dans tous les cas. Si vous n’êtes pas résident en Suisse, l’achat peut être plus encadré et soumis à autorisation selon le type de bien visé, sa localisation et son usage.
Les ressortissants européens peuvent investir dans l’achat d’une résidence principale en Suisse. Il faut cependant demander une autorisation d’achat à l’autorité cantonale locale si vous n’êtes pas déjà domicilié dans le pays. Le canton est tout à fait en droit de refuser votre demande, une décision que vous pouvez néanmoins refuser.
En revanche, si vous avez la nationalité française et que vous vivez déjà dans le pays des Helvètes, vous pouvez acquérir une résidence principale sans aucune démarche administrative supplémentaire. Concrètement, vous disposez des mêmes droits que les Suisses.
Pour une résidence secondaire en Suisse, l’achat est possible, mais il reste soumis à un cadre strict. Hors cas particulier du frontalier, un non-résident vivant en France est en principe soumis à autorisation pour acheter ce type de bien.
En pratique, l’achat d’une résidence secondaire par un non-résident obéit à plusieurs limites : le bien doit en principe se situer dans une zone touristique, la surface habitable ne peut généralement pas dépasser 200 m², le terrain est limité à 1 000 m², la location à l’année est interdite, et l’acheteur ne peut pas posséder plus d’un logement de vacances ou d’une résidence secondaire en Suisse.
De plus, le nombre de logements de vacances vendus à des étrangers est soumis à un quota national annuel, réparti entre les cantons, certains cantons comme Genève ou Zurich n’autorisant pas ce type d’acquisition pour les étrangers.
Le financement d’un bien immobilier en Suisse peut reposer sur trois grands leviers :
Le bon montage dépend du pays de résidence, du niveau d’apport, du patrimoine déjà détenu, du taux d’endettement et de la politique de la banque prêteuse.
En Suisse, les banques financent généralement jusqu’à 80 % de la valeur du bien immobilier, ce qui implique au moins 20 % de fonds propres à apporter par l’acheteur.
Le financement hypothécaire suisse est souvent structuré de la manière suivante :
Le modèle suisse ne fonctionne donc pas exactement comme un crédit immobilier amortissable classique en France. Avant d’emprunter, il est important de bien comprendre la logique de l’hypothèque suisse, le niveau d’apport exigé et le coût global du financement.
Un prêt immobilier suisse peut être à taux fixe, variable ou SARON. Ce dernier permet d’avoir une actualisation du taux tous les 3, 6, 9 ou 12 mois.
Vous pouvez emprunter dans une banque française la somme dont vous avez besoin pour acheter un bien immobilier en Suisse en hypothéquant un logement possédé en France. Cette opération, aussi appelée le prêt de trésorerie hypothécaire, consiste à obtenir un montant pouvant atteindre jusqu’à 70 % de la valeur du bien gagé.
Une fois les fonds débloqués et versés sur votre compte bancaire, vous pourrez payer le vendeur du bien situé en Suisse pour que le transfert de propriété puisse se faire. Les démarches se font chez un notaire. À noter que la garantie hypothécaire ne peut porter que sur un actif immobilier entièrement remboursé, aucun prêt associé ne doit être en cours. En effectuant une demande en ligne, Solutis peut lancer rapidement votre étude pour calculer combien vous pouvez emprunter via cette offre, que nous proposons via nos partenaires bancaires.
Pour un bien mis en hypothèque d’un prix estimé à 950 000 €, il est possible de recevoir jusqu’à 665 000 € à utiliser dans l’achat d’une résidence principale ou secondaire, par exemple à Zurich, Genève, Berne, Bâle, Lausanne ou Lucerne.
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Les prix d’acquisition sont relativement élevés en Suisse, comme le coût de la vie qui est l’un des plus élevés d’Europe. Si vous comptez vous y installer, il peut être nécessaire de préparer au votre budget en réduisant vos charges et en regroupant vos emprunts en cours de remboursement.
L’opération vous permettra de retrouver du reste à vivre pour vos dépenses du quotidien, mais vous donnera également une capacité d’emprunt réhaussée, qui vous permettra de financer plus facilement votre projet immobilier chez les Helvètes. À noter que le rachat de vos crédits peut inclure une nouvelle trésorerie qui fera office d’apport personnel ou d’enveloppe de réserve pour effectuer des travaux de rénovation et d’aménagement dans le bien.
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En plus de l’apport personnel, il faut prévoir des frais d’acquisition qui s’ajoutent au prix du bien. En Suisse, il est raisonnable de compter environ 2 % à 5 % du prix d’achat au total, avec une fourchette souvent située autour de 3 % à 4 % dans de nombreux dossiers. Cette enveloppe comprend surtout les droits de mutation, les frais de notaire et les émoluments du registre foncier. Les banques suisses demandent en pratique que ces frais soient couverts par vos fonds propres et non par l’hypothèque.
Le poste le plus lourd correspond généralement aux droits de mutation. D’après les informations officielles suisses, ils se situent entre 1 % et 3,3 % du prix d’achat selon le canton. À cela s’ajoutent les frais de notaire, qui restent le plus souvent inférieurs à 1 % du prix de vente, ainsi que les frais d’inscription au registre foncier, eux aussi variables selon le lieu d’acquisition. En clair, pour un bien acheté 500 000 CHF, il faut souvent prévoir 10 000 à 25 000 CHF de frais d’acquisition ; pour 800 000 CHF, comptez plutôt 16 000 à 40 000 CHF ; et pour 1 000 000 CHF, 20 000 à 50 000 CHF reste une base prudente.
Il faut aussi vérifier s’il existe une cédule hypothécaire à créer pour garantir le financement. Lorsque c’est le cas, des frais supplémentaires peuvent s’ajouter, en général de l’ordre de 0,1 % à 0,3 % du montant gagé. Si une cédule existante peut être reprise, ce coût peut en revanche être évité. Au final, le budget à retenir dépend surtout du canton, de la commune, du prix du bien, du mode de financement et de l’existence ou non d’une nouvelle cédule hypothécaire.

Les meilleurs endroits pour acheter un bien en Suisse ne sont pas les mêmes selon que vous cherchez une résidence principale, un achat frontalier ou une résidence secondaire. Pour un marché solide et liquide, les grandes villes comme Zurich, Genève, Bâle ou Lausanne restent les plus attractives. Pour une résidence secondaire, il faut plutôt cibler les zones touristiques autorisées, notamment en Valais ou dans les Alpes vaudoises.
Zurich, Genève et Bâle comptent parmi les marchés immobiliers les plus recherchés de Suisse. Ces grandes villes concentrent une forte demande, une offre souvent limitée et un niveau d’activité soutenu. Pour un acheteur qui recherche un emplacement solide, une bonne liquidité du marché et une perspective de revente dans un environnement tendu, elles font partie des secteurs les plus attractifs.
Pour un Français, Lausanne et plus largement le canton de Vaud peuvent représenter une option particulièrement intéressante. La Suisse romande offre un environnement francophone plus accessible, avec un cadre de vie recherché autour du lac Léman. Lausanne, Montreux et plusieurs communes vaudoises attirent ainsi les acheteurs qui souhaitent concilier qualité de vie, proximité avec la France et marché immobilier dynamique.
Pour l’achat d’une résidence secondaire en Suisse, les zones touristiques de montagne sont souvent les plus adaptées. Le Valais et les Alpes vaudoises figurent parmi les secteurs les plus connus pour ce type de projet, avec une offre tournée vers les séjours saisonniers et les logements de vacances. Pour un acheteur vivant en France, ce sont aussi des zones à examiner en priorité lorsque le projet porte sur un usage secondaire plutôt que sur une installation permanente.
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Dans la pratique, il faut généralement prévoir au moins 20 % de fonds propres pour acheter un logement en Suisse, puisque l’hypothèque couvre en principe au maximum 80 % de la valeur du bien.
Au-delà de l’apport, l’acquéreur doit aussi démontrer sa capacité financière. Les banques examinent les revenus, les charges en cours et la soutenabilité du financement dans la durée.
En Suisse, l’emprunteur peut se voir proposer une hypothèque à taux fixe ou une formule indexée sur le SARON. Le taux fixe apporte de la visibilité sur la charge de financement, tandis qu’une formule SARON évolue selon les conditions du marché monétaire.
Le choix entre taux fixe et SARON dépend surtout de votre horizon de détention du bien, de votre budget, de votre sensibilité au risque et du niveau de sécurité recherché.
Pas toujours. Un titulaire d’un permis C peut en principe acheter un bien résidentiel sans autorisation spécifique. En revanche, certaines acquisitions réalisées par des personnes vivant à l’étranger peuvent être soumises à des restrictions ou à une autorisation préalable.
Oui. Un frontalier UE/AELE travaillant en Suisse avec un permis G peut acquérir sans autorisation une résidence secondaire dans la région de son lieu de travail, dans le cadre prévu par la réglementation.
Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.
Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin
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