Les lois sur l’assurance emprunteur vous permettent de choisir votre assureur puis de changer de contrat à tout moment, sous réserve de garanties équivalentes. Après les réformes Lagarde, Hamon et Bourquin, la loi Lemoine a supprimé l’obligation d’attendre une échéance annuelle pour remplacer l’assurance d’un prêt immobilier concerné. Elle facilite aussi l’accès à l’assurance grâce à la suppression du questionnaire médical sous conditions et au renforcement du droit à l’oubli.
Ce qu'il faut retenir :
• La loi Lemoine permet de remplacer l’assurance d’un crédit immobilier à usage d’habitation ou mixte à tout moment, sans frais de résiliation, y compris pour un contrat ancien.
• La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser le nouveau contrat d’assurance reçu ; son refus doit être motivé.
• La dispense de questionnaire médical exige une part assurée cumulée de 200 000 € maximum par personne et un remboursement du prêt avant le 60e anniversaire de l’assuré.
• Avant tout changement, vérifiez l’équivalence des garanties exigées par la banque et coordonnez les dates des contrats pour éviter une interruption de couverture.
L’assurance emprunteur n’est pas imposée par la loi, mais la banque peut en faire une condition d’octroi de votre crédit immobilier. Elle exige généralement une couverture contre certains risques, notamment le décès et la perte totale et irréversible d’autonomie. Selon votre projet et votre situation, elle peut également demander des garanties d’incapacité de travail ou d’invalidité.
Une hypothèque ou un nantissement ne dispense donc pas automatiquement d’assurance. Une garantie alternative peut être étudiée par le prêteur, qui reste libre de l’accepter : ce n’est ni un droit général ni une possibilité réservée aux investisseurs.
Il faut ainsi distinguer l’obligation contractuelle de vous assurer et le choix de l’assureur. La banque peut exiger une protection suffisante sans pouvoir imposer son propre contrat lorsque l’assurance extérieure respecte le niveau de garanties requis.
Les principales réformes ont progressivement instauré le libre choix de l’assurance, puis sa résiliation à tout moment. Les anciennes règles expliquent cette évolution, mais leurs restrictions de calendrier ne régissent plus les changements couverts par la loi Lemoine.
La loi MURCEF du 11 décembre 2001 a encadré les ventes groupées de produits et services bancaires. L’article L312-1-2 du Code monétaire et financier les interdit, sauf si leurs éléments peuvent être achetés séparément ou sont indissociables. Ce texte ne doit pas être présenté comme l’équivalent du droit actuel de substitution d’assurance.
La loi Chatel du 28 janvier 2005 a renforcé l’information sur la reconduction tacite de certains contrats. Toutefois, le dispositif de l’article L113-15-1 du Code des assurances excluait notamment les contrats de groupe. Il n’a donc pas instauré une résiliation annuelle généralisée de l’assurance emprunteur.
La loi du 3 janvier 2008 a également amélioré l’information sur le choix de l’assureur, mais dans un cadre encore limité lorsque le prêteur exigeait une assurance collective, comme le rappelle l’historique législatif de l’ANIL.
La loi Lagarde du 1er juillet 2010 a consacré la délégation d’assurance : vous pouvez retenir un contrat extérieur à la banque, avec un niveau de garanties équivalent. Ces dispositions s’appliquent aux offres de prêt émises depuis le 1er septembre 2010, comme le précise l’ANIL dans son analyse de la réforme.
Concrètement, vous pouvez comparer l’offre bancaire avec une assurance de prêt proposée par un autre assureur avant de signer. L’intérêt est de rechercher un tarif adapté tout en conservant la protection nécessaire.
La loi du 26 juillet 2013 a renforcé l’information sur le coût de l’assurance et inscrit dans la loi la remise d’une fiche standardisée. Le format réglementaire de cette fiche s’applique depuis le 1er octobre 2015.
La fiche standardisée d’information, ou FSI, présente les caractéristiques de l’assurance et facilite la comparaison. La fiche personnalisée précise, pour votre dossier, les garanties et critères exigés par la banque : les deux documents sont complémentaires.
La loi Hamon, datée du 17 mars 2014, a permis de remplacer l’assurance pendant les 12 mois suivant la signature de l’offre de prêt. Cette mesure concernait les offres émises à compter du 26 juillet 2014.
Elle permettait notamment d’accepter l’assurance bancaire au départ, puis de rechercher une autre couverture durant la première année. Cette limite de 12 mois n’est plus celle à retenir pour exercer aujourd’hui le droit de changement issu de la loi Lemoine.
La réforme Bourquin, portée par la loi du 21 février 2017, a ouvert la résiliation annuelle au-delà de la première année. Elle a été généralisée aux contrats en cours au 1er janvier 2018.
Elle imposait de respecter l’échéance annuelle et un préavis de deux mois. Pour les contrats relevant désormais de la loi Lemoine, il n’est plus nécessaire d’organiser son changement autour de cette date.
La loi du 28 février 2022 a instauré la résiliation à tout moment : depuis le 1er juin 2022 pour les nouvelles offres de prêt, puis le 1er septembre 2022 pour les contrats déjà en cours.
Le ministère de l’Économie rappelle ce droit de changement sans frais. Le nouveau contrat doit toujours satisfaire aux exigences de couverture du prêteur.
| Réforme | Apport principal | Repère actuel |
|---|---|---|
| MURCEF, 2001 | Encadrement des ventes groupées | Protection générale |
| Chatel, 2005 et 2008 | Information des consommateurs | Pas de résiliation annuelle généralisée |
| Lagarde, 2010 | Libre choix à la souscription | Garanties équivalentes exigées |
| Réforme de 2013 | Information et comparaison renforcées | FSI et présentation du coût |
| Hamon, 2014 | Changement dans les 12 premiers mois | Ancienne limite de calendrier |
| Bourquin, 2017-2018 | Changement à échéance annuelle | Ancien calendrier avec préavis |
| Lemoine, 2022 | Changement à tout moment | Règle applicable aux prêts concernés |
Vous pouvez demander une substitution dès la signature de l’offre de prêt, sans attendre un an ni une date anniversaire. Le dispositif concerne l’assurance des crédits entrant dans le champ légal des financements immobiliers à usage d’habitation ou mixte, notamment ceux souscrits par les particuliers pour leur logement.
L’équivalence des garanties reste déterminante. La banque examine les exigences figurant dans votre fiche personnalisée : quotité assurée, risques couverts, durée de protection ou franchise applicable, par exemple.
L’équivalence ne signifie pas que les contrats doivent être identiques. En revanche, une garantie portant le même nom peut offrir une protection différente : vérifiez ses conditions d’indemnisation et ses exclusions.
La banque ne peut pas, en contrepartie de l’acceptation d’un contrat extérieur :
Ces protections figurent à l’article L313-32 du Code de la consommation. Elles facilitent la mise en concurrence, sans garantir qu’une nouvelle offre sera systématiquement moins chère ou mieux adaptée.
La dispense s’applique seulement si deux conditions sont réunies : une part assurée cumulée ne dépassant pas 200 000 € par personne et un remboursement du prêt avant son 60e anniversaire. Dans ce cas, l’assureur ne peut demander ni information sur l’état de santé ni examen médical.
L’article L113-2-1 du Code des assurances vise l’encours cumulé assuré. Il faut donc tenir compte des autres crédits concernés déjà assurés, et pas seulement du montant du nouveau financement.
Deux personnes empruntent 360 000 €, avec une quotité de 50 % chacune, sans autre encours concerné. Chacune assure 180 000 € : elles peuvent bénéficier de la dispense si le prêt se termine avant leurs 60 ans respectifs.
Avec une couverture de 100 % sur chaque tête, chacune assure 360 000 € : la condition de montant n’est plus remplie. La quotité doit toutefois être choisie selon la protection recherchée et les exigences bancaires, et non uniquement pour éviter un questionnaire.
La banque doit répondre sous 10 jours ouvrés à compter de la réception du nouveau contrat. Préparer un dossier complet permet de limiter les demandes de pièces complémentaires et les retards.
La démarche suit quatre étapes :
En cas d’accord, la banque doit modifier le prêt par avenant dans les 10 jours ouvrés suivant la réception de la demande de substitution, sans frais d’avenant. L’article L313-31 encadre ces obligations.
La résiliation prend effet dix jours après réception de la décision bancaire par l’assureur, ou à la date d’effet du nouveau contrat si elle est postérieure. Ce délai, prévu par l’article L113-12-2 du Code des assurances, est distinct des dix jours ouvrés de réponse bancaire.
Ne cessez pas de payer l’assurance actuelle avant la prise d’effet de sa résiliation. La demande de changement ne suffit pas à interrompre les cotisations ou la couverture.
L’économie correspond à la différence de coût sur la durée restante, après prise en compte des éventuels frais du nouveau contrat ou d’intermédiation. Comparez les cotisations à garanties et quotités comparables, plutôt que le seul tarif du premier mois.
Il reste 15 ans de remboursement, soit 180 mensualités. L’assurance actuelle coûte 60 € par mois ; une nouvelle offre acceptée par la banque coûte 35 €, avec des cotisations constantes et aucun frais supplémentaire.
| Comparaison | Assurance actuelle | Nouvelle assurance |
|---|---|---|
| Cotisation mensuelle | 60 € | 35 € |
| Coût sur 180 mois | 10 800 € | 6 300 € |
| Économie sur la période | / | 4 500 € |
Le gain est de 25 € par mois, soit 4 500 € sur 15 ans. Si les cotisations évoluent avec l’âge ou le capital restant dû, utilisez les échéanciers complets : cette multiplication simple ne suffit plus.
La loi Lagarde permet de choisir une assurance extérieure dès la souscription du prêt immobilier, tandis que la loi Lemoine permet d’en changer à tout moment après la signature de l’offre. Dans les deux cas, le contrat choisi doit présenter un niveau de garanties équivalent à celui exigé par la banque.
Oui, pour le calendrier de résiliation des assurances de prêts immobiliers concernées. La réforme Lemoine permet de changer à tout moment, sans être limité aux 12 premiers mois prévus par la loi Hamon ni à l’échéance annuelle du dispositif Bourquin.
Oui, depuis le 1er septembre 2022, la résiliation à tout moment bénéficie aussi aux contrats d’assurance emprunteur concernés souscrits avant la réforme. Un prêt immobilier plus ancien peut donc bénéficier du changement d’assurance, sous réserve d’équivalence des garanties, comme le précise le ministère de l’Économie.
La loi Chatel ne constitue pas un droit général de résiliation de l’assurance emprunteur : son dispositif relatif à la reconduction tacite exclut notamment les contrats de groupe, selon l’article L113-15-1 du Code des assurances. Pour changer l’assurance d’un prêt immobilier relevant de la loi Lemoine, c’est ce dernier dispositif qui permet une résiliation à tout moment.
La loi MURCEF de 2001 a encadré les ventes groupées de produits et services bancaires, avec des exceptions lorsque les éléments peuvent être achetés séparément ou sont indissociables. Ce cadre, inscrit à l’article L312-1-2 du Code monétaire et financier, doit être distingué du libre choix de l’assurance consacré ensuite par la loi Lagarde.
Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.
Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin
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