Face à la hausse continue des prix de l’immobilier, de plus en plus d’acheteurs envisagent de rallonger la durée de leur prêt afin de réduire leurs mensualités ou d’augmenter leur capacité d’emprunt. Dans ce contexte, souscrire un crédit immobilier sur 30 ans peut apparaître comme une solution séduisante. Mais est-ce réellement possible en France ? Que dit la réglementation sur ce type de financement longue durée ? Est-ce une stratégie avantageuse ou risquée ? Voici nos éléments de réponse
Ce qu’il faut retenir sur ce sujet :
• Un prêt sur 30 ans est exceptionnel, limité à certains cas précis et soumis à conditions strictes (primo-accédants, zones tendues, travaux > 25 %).
• Avantage : mensualités réduites, permettant d’augmenter la capacité d’emprunt et de respecter le taux d’endettement de 35 %.
• Inconvénients : coût total plus élevé, taux majoré, assurance plus chère, et acceptation difficile sans dossier solide.
• Avec dettes existantes, un regroupement de crédits peut permettre d’accéder à un prêt immobilier long.
En France, la durée d’un crédit immobilier est encadrée par les recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), un organisme qui veille à limiter les risques liés à l’endettement excessif des ménages. Depuis janvier 2022, le HCSF impose deux grandes règles aux établissements prêteurs :
Certaines situations permettent toutefois d’aller jusqu’à 27 ans, notamment dans le cadre d’un achat dans le neuf en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) ou d’un bien ancien nécessitant d’importants travaux. Pour que cette dérogation soit accordée, les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l’opération.
Dans ce contexte, souscrire un crédit sur 30 ans sort du cadre classique. Les banques peuvent exceptionnellement s’affranchir de ces règles, mais dans une limite stricte de 20 % des dossiers qu’elles financent. Parmi ces cas dérogatoires, la priorité est donnée aux projets d’acquisition de résidence principale, notamment pour les primo-accédants.
Ces mesures visent à protéger les emprunteurs sur le long terme. Plus un crédit s’étale dans le temps, plus l’incertitude augmente : évolution professionnelle, instabilité économique, aléas de santé… Tous ces facteurs rendent les prêts très longue durée plus risqués, à la fois pour l’établissement prêteur et pour l’emprunteur lui-même.
C’est pourquoi, même si un prêt immobilier sur 30 ans n’est pas strictement interdit, il reste une exception, accordée avec prudence et après une étude approfondie du dossier.
Bien que peu répandu, un crédit immobilier sur 30 ans peut répondre à certains profils ou projets particuliers. Allonger la durée du prêt permet en effet de réduire les mensualités et donc de faciliter l’accès au financement, notamment dans un contexte de taux élevés ou de budget contraint.
Si vous êtes en début de parcours professionnel ou que vos revenus ne vous permettent pas d’assumer des mensualités sur 20 ou 25 ans, étaler le remboursement sur 30 ans peut être une solution pour devenir propriétaire, tout en respectant le seuil d’endettement réglementaire.
Ce type de montage est particulièrement utile dans les zones tendues, où le prix du mètre carré est élevé. Un crédit plus long permet d’emprunter davantage sans dépasser votre capacité de remboursement.
Dans certains cas, ce prêt peut être complété par des dispositifs d’aide comme le prêt à taux zéro (PTZ), qui peut financer une partie de l’achat sans intérêt et avec un différé de remboursement. Le cumul d’un PTZ et d’un prêt classique sur 30 ans peut donc optimiser votre plan de financement, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité (plafonds de revenus, localisation, nombre d’occupants, etc.).
Un emprunt longue durée peut également s’avérer pertinent dans le cadre d’un investissement locatif. En augmentant la durée du crédit, vous réduisez mécaniquement vos mensualités, ce qui facilite le fait de couvrir vos remboursements grâce aux loyers perçus.
De plus, la part des intérêts étant plus importante sur une durée longue, elle devient plus intéressante fiscalement. En effet, ces intérêts peuvent être déduits des revenus fonciers dans le cadre du régime réel, ce qui permet de réduire l’imposition sur vos loyers.
Cette stratégie doit toutefois s’appuyer sur une étude financière solide : rendement locatif, taux d’occupation, fiscalité applicable… Il est conseillé de se faire accompagner par un professionnel pour structurer un projet viable et cohérent sur le long terme.
Allonger la durée de son emprunt jusqu’à 30 ans peut apparaître comme une solution séduisante, surtout lorsque l’on vise un bien immobilier ambitieux ou que l’on souhaite conserver une certaine souplesse financière. Mais cette option, rarement accordée par les banques, s’accompagne aussi de nombreux compromis.
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Accéder à un crédit immobilier longue durée, comme un emprunt sur 30 ans, devient encore plus complexe lorsqu’on a déjà des mensualités en cours liées à d’autres prêts. Qu’il s’agisse de crédits à la consommation, d’un prêt personnel ou d’un financement auto, ces engagements pèsent lourdement dans le calcul du taux d’endettement.
Or, pour qu’une banque accepte de financer un achat immobilier, elle vérifie scrupuleusement que votre taux d’endettement ne dépasse pas 35 % de vos revenus. Si vos charges actuelles atteignent déjà ce seuil, ou s’en rapprochent, il est peu probable qu’un nouveau crédit, même étalé sur 30 ans, soit accepté.
Il est néanmoins possible de contourner cette difficulté grâce à une solution alternative : le regroupement de crédits. Cette opération consiste à rassembler vos dettes existantes (crédit conso, prêt personnel, etc.) en un seul prêt global, auquel peut être intégré le financement de votre projet immobilier.
Certains établissements spécialisés comme Solutis proposent alors un regroupement de prêt sur une durée longue, pouvant aller jusqu’à 30 ans selon les profils. Cette opération bancaire permet de :
Souscrire un prêt immobilier sur 30 ans peut être une option pour alléger ses mensualités, notamment lorsque le budget est limité ou que l’on souhaite emprunter une somme importante. Pour vous aider à mieux comprendre cet emprunt immobilier, voici les réponses aux questions les plus fréquentes.
Tout dépend du montant emprunté, mais le principe reste le même : votre taux d’endettement ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus. Par exemple, pour une mensualité de 1 000 euros, il vous faut un revenu net mensuel d’au moins 2 860 euros. Plus la mensualité est élevée, plus le salaire exigé augmente.
Avec un taux moyen de 4,5 % sur 30 ans, la mensualité d’un prêt de 250 000 euros serait d’environ 1 267 euros, hors assurance emprunteur. Sur toute la durée, le coût total du crédit serait significatif, dépassant souvent 205 000 euros d’intérêts selon les conditions. Le taux et l’assurance auront un impact important, d’où l’intérêt de comparer les offres.
Rédigé par Jonathan Hector - Rédacteur confirmé de Solutis
Mis à jour le 05/05/2025
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