Les droits de succession doivent généralement être payés en une seule fois, au moment du dépôt de la déclaration de succession. Mais lorsqu’un héritier ne dispose pas des liquidités suffisantes, il peut demander à l’administration fiscale une facilité de paiement. Deux solutions existent : le paiement fractionné, qui permet de régler les droits en plusieurs échéances, et le paiement différé, qui permet de reporter le paiement dans certaines situations précises. Ces dispositifs ne sont pas automatiques : ils sont accordés sous conditions, avec intérêts, et peuvent nécessiter des garanties.
Ce qu'il faut retenir :
• Le paiement fractionné permet de payer les droits de succession en plusieurs versements.
• La durée est généralement de 1 an, avec 3 versements maximum, et peut aller jusqu’à 3 ans lorsque la succession comprend au moins 50 % de biens non liquides.
• Le paiement différé concerne certains cas spécifiques, notamment la nue-propriété, le droit viager d’habitation du conjoint survivant ou l’attribution préférentielle d’une exploitation agricole.
• La demande doit être formulée auprès de l’administration fiscale, en principe lors du dépôt de la déclaration de succession.
• Des garanties peuvent être exigées : hypothèque, caution, nantissement.
• Le crédit fiscal est payant : des intérêts s’appliquent avec un taux à 2 % en 2026.
Le paiement fractionné et le paiement différé sont deux facilités de paiement proposées par l’administration fiscale pour régler des droits après une succession, mais ils ne répondent pas au même besoin.
| Dispositif | Principe | Cas d’usage principal |
|---|---|---|
| Paiement fractionné | Les droits sont payés en plusieurs échéances | L’héritier doit payer, mais manque de trésorerie immédiate |
| Paiement différé | Le paiement est reporté à plus tard | La succession comprend certains biens ou droits particuliers |
| Paiement différé puis fractionné | Le paiement est d’abord reporté, puis réglé en plusieurs fois | Certaines transmissions d’entreprise ou situations patrimoniales spécifiques |
Le paiement fractionné est donc la solution la plus courante lorsque les héritiers doivent payer des droits de succession mais n’ont pas assez de liquidités immédiatement disponibles.
Le paiement fractionné permet de régler les droits de succession en plusieurs échéances au lieu d’un paiement unique.
Dans le cas général, les droits sont payés en 3 versements maximum :
En pratique, cette solution permet à l’héritier de conserver une partie de sa trésorerie ou d’éviter une vente précipitée d’un bien reçu dans la succession.
Un héritier doit régler 12 000 € de droits de succession. Avec un paiement fractionné classique, il peut demander à payer en 3 échéances de 4 000 €, espacées de 6 mois maximum, auxquelles s’ajoutent les intérêts dus à l’administration fiscale.
La durée du paiement fractionné peut être portée à 3 ans lorsque l’actif successoral comprend au moins 50 % de biens non liquides, c’est-à-dire des biens difficiles à vendre rapidement ou à transformer en argent disponible.
Dans ce cas, le paiement peut être étalé sur 7 versements maximum.
Les biens non liquides peuvent notamment inclure :
Cette règle est importante lorsque la succession est composée principalement d’un logement, de biens professionnels ou d’actifs difficiles à vendre rapidement.
Le paiement différé permet de reporter le paiement des droits de succession. Il est réservé à certains cas précis.
Il peut notamment être demandé lorsque :
Le paiement différé est donc particulièrement utile lorsque l’héritier reçoit un droit ou un bien sans disposer immédiatement de liquidités pour payer les droits correspondants.
Oui, l’administration fiscale peut demander des garanties suffisantes pour accepter le paiement fractionné ou différé. Ces garanties servent à sécuriser le recouvrement des droits dus au Trésor public.
Les garanties les plus fréquentes sont :
Ces garanties sont constituées aux frais du demandeur. L’administration peut aussi demander des garanties complémentaires si celles fournies ne sont pas jugées suffisantes.
La demande de paiement fractionné ou différé doit être faite auprès de l’administration fiscale.
Elle peut être formulée :
La demande doit être claire et indiquer le dispositif souhaité : paiement fractionné, paiement différé, ou paiement différé puis fractionné lorsque la situation le permet.
Il est recommandé d’y joindre les éléments utiles :
À terme, une demande en ligne par téléservice est prévue, au plus tard le 1er janvier 2027.
Depuis le décret n° 2023-1324 du 28 décembre 2023, applicable à compter du 1er février 2024, la procédure est mieux encadrée.
L’administration dispose d’un délai de 2 mois pour instruire la demande de crédit. De son côté, le redevable dispose d’un délai de 4 mois pour constituer les garanties demandées.
Si des garanties complémentaires sont nécessaires, le bénéficiaire dispose désormais de 2 mois pour les fournir.
Cette évolution ne signifie pas que la durée de remboursement est automatiquement allongée. Elle concerne surtout l’organisation de la procédure et les délais accordés pour instruire la demande et constituer les garanties.
Le paiement fractionné ou différé n’est pas gratuit. Il s’agit d’un crédit accordé par l’administration fiscale, avec application d’intérêts.
Pour les demandes formulées en 2026, le taux d’intérêt de base est de 2 %. Un taux réduit peut s’appliquer dans certains cas spécifiques, notamment certaines transmissions d’entreprise.
Avant de demander cette facilité de paiement, il faut donc comparer :
Dans de nombreux cas, cette solution reste utile pour éviter une vente dans l’urgence, surtout lorsque la succession comprend principalement un bien immobilier.
Le non-respect d’une échéance peut avoir des conséquences importantes.
En cas de retard, l’administration fiscale peut appliquer :
Si plusieurs cohéritiers sont engagés solidairement dans le même échéancier, la défaillance d’un seul héritier peut entraîner des conséquences pour l’ensemble des cohéritiers. Le régime peut toutefois être maintenu si les autres héritiers s’engagent à régler les échéances de l’héritier défaillant.
Il est donc essentiel de demander un échéancier réaliste, adapté à la capacité financière réelle des héritiers.
Cette solution est particulièrement adaptée lorsque :
En revanche, si l’héritier dispose déjà des liquidités nécessaires, le paiement immédiat peut être préférable pour éviter les intérêts.
Le paiement fractionné accordé par l’administration fiscale permet de régler les droits de succession en plusieurs fois, mais sa durée reste limitée : 1 an dans le cas général, ou jusqu’à 3 ans si la succession comprend au moins 50 % de biens non liquides.
Si cet échéancier est trop court, l’héritier peut étudier une solution de financement pour obtenir une durée de remboursement plus longue.
| Solutions | Pour quel besoin ? | Vigilance |
|---|---|---|
| Crédit à la consommation | Financer des droits de succession d’un montant modéré | Taux et coût total souvent plus élevés que le paiement fractionné fiscal |
| Rachat de crédit | Regrouper des prêts en cours et ajouter une trésorerie pour payer les droits | Allongement possible de la durée et hausse du coût total |
| Prêt hypothécaire | Financer un montant important en s’appuyant sur un bien immobilier | Risque de saisie du bien en cas de non-remboursement |
Avant de choisir entre paiement fractionné fiscal et crédit bancaire, il est essentiel de comparer la mensualité, la durée, le taux, le coût total du financement et l’impact sur le taux d’endettement. Une durée plus longue peut alléger l’effort mensuel, mais elle peut aussi augmenter le coût global de l’opération.
Solutis, intermédiaire en opérations de banque et services de paiement, accompagne les héritiers dans la recherche d’une solution adaptée pour financer les droits de succession. Selon le profil, les revenus, les crédits en cours et le patrimoine disponible, un conseiller peut étudier plusieurs options. L’objectif est d’identifier une solution cohérente avec la capacité de remboursement du foyer, tout en mesurant clairement son coût et ses risques.
Oui, il est possible de demander un paiement fractionné des droits de succession. L’administration fiscale peut accepter un règlement en plusieurs échéances, sous conditions et avec intérêts.
Dans le cas général, la durée maximale est de 1 an, avec 3 versements. Elle peut aller jusqu’à 3 ans, avec 7 versements, lorsque la succession comprend au moins 50 % de biens non liquides.
Non, il faut en faire la demande auprès de l’administration fiscale. L’accord dépend du dossier, des garanties proposées et du respect des conditions applicables.
Non, il concerne seulement certaines situations, notamment la nue-propriété, le droit viager d’habitation du conjoint survivant ou l’attribution préférentielle d’une exploitation agricole.
Oui, le paiement fractionné ou différé est une facilité de paiement accordée par l’administration fiscale, mais elle n’est pas gratuite. Pour les demandes formulées en 2026, le taux de base est de 2 %.
Oui, il est possible de souscrire un crédit pour payer des droits de succession si le paiement fractionné de l’administration fiscale est insuffisant. L’héritier peut étudier un crédit conso, un rachat de crédit ou un prêt hypothécaire selon son profil.
Le crédit conso peut convenir pour un montant modéré, le rachat de crédit si l’héritier a déjà plusieurs prêts, et le prêt hypothécaire pour un besoin plus important adossé à un bien immobilier. Le choix dépend du montant à financer, des revenus et du taux d’endettement.
Expert en solutions de financement et gestion budgétaire, Mathieu rédige des contenus approfondis et pédagogiques pour les lecteurs de Solutis depuis 2018, appuyé par sa formation en Banque & Assurances.
Contenu supervisé, relu et validé par Olivier DUPUICH - Directeur commercial de Solutis - Linkedin
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