Crédit immobilier : les taux d’intérêt restent bas en cette rentrée 2020

Crédit immobilier : les taux d’intérêt restent bas en cette rentrée 2020

Si les taux bas sont toujours d’actualité, l’accès au crédit immobilier se complique. A moins que l’épargne placée depuis le début d’année serve à débloquer une demande de prêt.

Des milliards d’euros placés sur les comptes épargne

La crise sanitaire actuelle rend les Français prudents. Si la préservation de la santé passe au premier plan, l’incertitude économique incite les Français à épargner. Depuis le printemps dernier, les ménages ont mis de côté 85,6 milliards d’euros. Cette épargne de sécurité s’explique avant tout par le confinement qui limitait les déplacements donc les dépenses. Pourtant, au sortir des mesures de confinement, les Français n’ont pas puisé dans leur épargne. Au contraire, le choix d’épargner s’est confirmé ces dernières semaines.

Bien que le marché automobile ait fortement stimulé la consommation avant l’été, notamment grâce à une prime à la conversion élargie, cela a plus ressemblé à un appel d’air qu’à un véritable rebond de l’activité. Au cours de la rentrée, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a appelé les Français à limiter les placements d’épargne pour privilégier l’achat de biens de consommation.

Une épargne nécessaire pour appuyer une demande de financement immobilier

Néanmoins, cette épargne supplémentaire est une aubaine pour les Français en passe de concrétiser un achat immobilier. En effet, bien avant que la crise sanitaire devienne mondiale, Bercy tirait déjà la sonnette d’alarme sur le marché du crédit immobilier. Craignant un nombre élevé d’emprunts à risque en cas de crise financière, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) invitait les banques à lever le pied en termes de commercialisation des prêts à l’habitat.

Cette recommandation datant de fin 2019 vise à préserver le système bancaire. Pour assurer un meilleur contrôle des conditions d’octroi des crédits, les conseillers bancaires doivent dorénavant veiller au strict respect de la limite des 33% de taux d’endettement. C’est-à-dire qu’un ménage ne peut pas consacrer plus d’un tiers de ses revenus mensuels pour le remboursement de son crédit immobilier. De plus, le HCSF placé sous l’autorité de Bercy, déconseille l’octroi d’emprunt sur plus de 25 ans.

Sans surprise, avec le resserrement des critères d’octroi, le nombre de refus de crédit a augmenté avant l’été. Toutefois, tous les profils emprunteurs ne sont pas concernés par ces refus. Pour les clients haut de gamme, les règles d’endettement sont « aménageables ». Pour cela, il faut présenter un profil emprunteur solide par exemple avec des revenus importants ou un patrimoine conséquent.

Les primo-accédants peuvent aussi légèrement dépasser les 33 % d’endettement, à condition de présenter un dossier prometteur. Les modalités d’obtention d’un crédit immobilier se sont donc resserrées depuis presque 12 mois, mais les taux accordés restent très intéressants.

Il est possible d’appuyer sa demande grâce à l’apport personnel. Cette somme épargnée par les emprunteurs permet de couvrir les frais annexes et de réduire le coût du financement. L’épargne mise de côté ces derniers mois peut donc servir à accéder au crédit immobilier.

Les taux bas toujours en vigueur

Pour le mois d’août 2020, la moyenne des taux a baissé d’un point de base pour s’établir à 1,24 %. Toutes les durées d’emprunt sont concernées par cette baisse. Ainsi, ces moyennes (hors assurance) s’établissent à 1,05 % et 1,20 % respectivement pour des emprunts sur 15 et 20 ans. Il en est de même avec une moyenne de 1,47 % pour un crédit immobilier de 25 ans. Enfin, si le profil d’un ménage lui permet d’emprunter pour financer un achat immobilier, il pourra donc prétendre à un taux attractif significatif de coût de financement limité.