Crédit immobilier : le HCSF appelle toujours à la vigilance

Crédit immobilier : le HCSF appelle toujours à la vigilance

L’autorité garante de la stabilité financière maintient ses recommandations d’accorder des prêts immobiliers uniquement avec un taux d’endettement maximum de 33 %.

Les vannes du crédit immobilier se resserrent

Depuis bientôt un an maintenant, les banques sont invitées à la plus grande vigilance en matière d’octroi des crédits immobiliers. Ces orientations sont émises par le Haut conseil de stabilité financière, l’autorité qui veille, entre autres, au maintien de l’équilibre du système bancaire en France. Son objectif est d’éviter une situation tendue comme celle observée sur les marchés financiers en 2008. Pour cela, le HCSF émet la même recommandation depuis octobre 2019. A savoir, des conditions d’accès au financement immobilier plus strictes.

En l’espèce, les banques doivent strictement respecter le critère des 33 % de taux d’endettement. Les emprunteurs ne peuvent donc pas consacrer plus d’un tiers de leurs revenus mensuels pour le remboursement de leur prêt à l’habitat. L’autorité de contrôle va plus loin en invitant les banques à cesser de commercialiser des prêts immobiliers courant sur plus de 25 ans. Pour l’instant, il ne s’agit pas d’obligation de la part des banques, mais ces dernières s’y plient tout de même.

A noter que les établissements bancaires conservent une infime marge de manœuvre en ce qui concerne le taux d’endettement maximal. Pour certains profils et notamment les primo-accédants, il est possible de dépasser les 33 % à condition que le reste à vivre soit suffisant.

Certains profils ont plus de difficultés pour décrocher un prêt

Sans surprise, pour les ménages en délicatesse avec leurs finances, l’accès au prêt immobilier s’est amenui. Dans le même temps, le nombre de refus de crédit à l’habitat a augmenté.

Cette situation, qui inquiète les emprunteurs mais aussi les professionnels du refinancement, devrait pourtant se prolonger au moins jusqu’à la fin de l’année. En effet, le HSCF placé sous l’autorité de Bercy a décidé, lors de sa dernière réunion, de maintenir ses recommandations. En conséquence, les vannes du crédit immobilier restent sous surveillance.

A cela s’ajoute la prise en compte spécifique par les conseillers bancaires du secteur d’activité des demandeurs de prêts. Par exemple, les salariés de l’événementiel qui sont touchés de plein fouet par la baisse d’activité voient leurs demandes de crédit passer à la trappe. Pour les professions des secteurs sinistrés, l’accès au prêt immobilier est donc particulièrement restreint.

Les acteurs du regroupement de crédits sont vent debout

Les professionnels du crédit et en particulier ceux du regroupement de crédits se montrent également inquiets. Dans son dernier courrier adressé au HCSF, l’Association française des intermédiaires en bancassurance (AFIB) estime que le regroupement ne devrait pas être concerné par ces mesures. Les courtiers rappellent ainsi que le rachat des crédits sert à réduire le taux d’endettement des ménages avec la mise en place d’une mensualité allégée.

L’AFIB fait la distinction entre le crédit qui « endette un ménage » et le regroupement qui sert à réorganiser cet endettement. Enfin, l’association des intermédiaires conclue son courrier en insistant sur l’utilité du regroupement de crédits qui permet d’éviter l’enregistrement en procédure de surendettement.