Les conditions d’octroi des crédits immobiliers plus drastiques dès 2020

Les conditions d’octroi des crédits immobiliers plus drastiques dès 2020

Suite aux recommandations de Bercy, les banques vont devoir faire preuve d’une vigilance plus accrue vis-à-vis de l’octroi des prêts immobiliers.

Les banques invitées à resserrer les vannes du crédit immobilier

Les banques françaises vont-elles bientôt resserrer les conditions d’octroi des crédits immobiliers ? C’est en tout cas la demande expresse qui leur a été faite de la part du HCSF, le haut conseil de stabilité financière.

Pour rappel, le crédit immobilier tricolore connait actuellement une dynamique de croissance de 6,7 % là où la moyenne européenne est deux fois moins importante. Les emprunteurs français, sensibles à la baisse des taux d’intérêt, ne se font pas prier depuis 2016 pour accéder à la propriété ou pour agrandir leur patrimoine immobilier. Pour répondre à leurs besoins, les banques les ont accueillis à bras ouvert, avec parfois quelques largesses en matière de conditions d’octroi. Ainsi, les prêts de très longue durée se sont multipliés (sur plus de 25 ans) et le taux d’endettement recommandé de 33 % a pu aussi être largement dépassé pour certains dossiers.

Le HCSF recommande donc aux banques de miser sur une meilleure gestion dans leurs octrois de prêt à l’habitat. D’une part en cessant de commercialiser des offres de financement sur plus de 25 ans, et surtout en respectant drastiquement la limite d’un tiers des revenus consacrés au remboursement du prêt. Ces mesures vont s’appliquer dès 2020, c’est-à-dire dans quelques jours seulement, les banques vont devoir faire preuve de davantage de vigilance. En effet, si les recommandations du haut conseil venaient à ne produire aucune amélioration, il devrait entamer des démarches contraignantes.

Des mesures qui toucheront les néo emprunteurs dès 2020

Pour éviter d’en arriver là, les établissements bancaires n’auront donc pas le choix de proposer des offres respectueuses des critères. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a confirmé ces orientations lors d’un entretien. Selon lui, les mesures souhaitées par le HCSF font preuve « de sagesse et de prévention ». Il ajoute que les recommandations prendront effet dès le mois de janvier. Les dossiers qui passeront avant 2020 ne sont donc pas concernés par cette « réforme ». La donne changera donc dans deux semaines.

Cela signifie-t-il également la fin du crédit sans apport ? A vrai dire, pour certains profils emprunteurs, le prêt sans apport personnel ou crédit à 110 % était déjà limité depuis la rentrée 2019. Les objectifs commerciaux des banques ayant été atteints, ces dernières ont quelque peu changer de politique en matière d’octroi des crédits pour les emprunteurs affichant des profils standards. C’est un avant-goût de l’application des mesures du HCSF en quelque sorte, mais dans ce contexte, l’accès au financement immobilier pourrait se tendre pour les ménages n’ayant pas une forte capacité d’endettement. Les banques étant invitées à limiter les risques, faut-il s’attendre à un ralentissement de la production de crédit immobilier ? Réponse dans plusieurs mois…