Emprunter sans apport : une Fintech s’y intéresse

Emprunter sans apport : une Fintech s’y intéresse

Une start-up propose aux particuliers de participer à leur apport personnel lors d’un crédit immobilier. Mais la contrepartie peut vite être onéreuse.

L’apport personnel, une garantie pour le prêteur

Une Fintech se lance sur le marché du financement immobilier, et en particulier du crédit sans apport. En réalité, il s’agit plutôt de proposer des solutions d’apports à des particuliers. En échange de ce coup de pouce dans l’accès au crédit immobilier, la start-up devient « co-propriétaire » du bien financé. En cas de revente, une somme doit alors revenir à la société selon les dispositions du contrat. Une bonne idée, en somme, pour aider à l’accession à la propriété. Cependant tous les profils ne sont pas concernés par les services de la start-up. En effet, pour « sécuriser » l’opération, seuls les actifs ayant de bons revenus sont ciblés.

La jeune pousse veut ainsi aider les jeunes ménages à accéder à la propriété, aussi appelés les primo-accédants. Dans des zones de marché tendues telles que dans la capitale, il peut être compliqué de se positionner sur le marché même avec un bon profil emprunteur. En effet, à Paris, même avec une capacité d’emprunt suffisante, il sera compliqué de viser une surface importante. Pour rappel, au cours de l’année écoulée, le mètre carré parisien vient de passer la barre des 10 000 euros en moyenne. A ce prix-là, il faut de solides garanties pour convaincre un banquier de la viabilité du projet immobilier. Un apport personnel est donc de mise pour rassurer le conseiller financier.

Une opportunité en période de taux bas ?

La start-up cherche donc à exploiter cette niche. Cependant, à l’heure des taux bas, est-ce vraiment une opportunité d’être en copropriété avec une personne morale ? En effet, les banques sont sensibles à ces profils d’emprunteur. S’ils ne peuvent pas être qualifiés de premium, ils représentent tout de même des investisseurs en devenir. Pour capter ces CSP+, les banques n’ont pas hésité à faire preuve de largesse en matière de conditions d’octroi. Pour certains profils, les établissements bancaires ont même proposé des crédits à 110 %. Avec ce type de financement, l’apport personnel n’était plus exigé. Au contraire puisque les frais de notaire et les frais annexes pouvaient être inclus dans le capital emprunté. Pour les emprunteurs, il s’agit ici d’une véritable aubaine.

Mais avec les dernières recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), le crédit sans apport pourrait disparaître ou, du moins, être fortement restreint dans sa production. En effet, le HCSF placé sous l’autorité de Bercy demande aux banques de faire preuve de plus de vigilance en ce qui concerne l’octroi des financements immobiliers. Par exemple, dès 2020, le taux d’endettement de 33 % maximum devra être strictement respecté.