Paiement fractionné : une fausse bonne idée ?

Paiement fractionné : une fausse bonne idée ?

Payer en plusieurs fois, c’est devenu commun. Mais cela est-il toujours gratuit ? Certains financements frôlent les taux d’usure.

Régler en plusieurs fois un achat pour maitriser son budget

« Paiement en 3 fois frais, en 4 fois avec différé ». Les offres de paiement échelonné n’en finissent pas de s’afficher en grande surface mais aussi sur les sites d’e-commerce. Ce paiement fractionné, vous permet en tant que consommateur, de régler votre achat en plusieurs fois. L’idée est d’étaler votre paiement sur plusieurs mois afin de limiter l’impact sur votre budget.

A l’instar du paiement sans contact, qui s’est démocratisé avec la crise sanitaire, le règlement en plusieurs fois séduit de plus en plus les Français. L’année dernière, près d’un consommateur sur trois y a eu recours. Que ce soit pour faire face à un imprévu comme changer de lave-linge ou pour régler les courses de rentrée scolaire, le fractionnement est proposé dans beaucoup d’enseignes.

Pour les commerçants, aussi bien sur internet, le paiement étalé leur permet d’augmenter le montant du panier moyen. Chacun y trouve donc son compte, en théorie.

Ces minicrédits sont plus faciles à mettre en place qu’un crédit à la consommation. En moins d’une seconde, le commerçant interroge votre banque pour savoir si la première « mensualité » peut être honorée. Un algorithme va ensuite déterminer si votre profil est assez sûr pour rembourser les autres paiements.

Des petits crédits à des taux faramineux

Sur le papier, le paiement fractionné permet aux ménages de pouvoir dépenser une somme importante sans être immédiatement dans le rouge ou de devoir décaisser de l’épargne.

Si pour un prêt à la consommation, il est nécessaire de déposer un dossier avec divers justificatifs, pour le paiement fractionné, la démarche est plus simple. Aux yeux des consommateurs, elle parait même transparente. Pourtant, dans certains cas, il existe bel et bien des frais pour payer en plusieurs fois.

Si le prix du bien reste le même, la somme remboursée au total est plus élevée de quelques euros voire des dizaines d’euros. C’est ici que le bât blesse, car en calculant ce coût avec un taux d’intérêt, on se rapproche des taux d’usure. En clair, ces mini-crédits frôlent les taux maximums admis par la loi.

Cela signifie qu’ils sont onéreux, surtout comparer à un simple crédit à la consommation dont le taux peut être plus attractif. Il vaut donc mieux éviter de multiplier les paiements fractionnés, car en cas de non-remboursement dans les délais prévus, l’emprunteur s’expose à des pénalités qui vont gonfler la facture. De plus, faire beaucoup de paiements en plusieurs fois peut vous conduire à une situation de surendettement.

A l’avenir, la réglementation pourrait renforcer la solvabilité du consommateur-emprunteur, afin de le protéger.