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Le nombre de dossiers de surendettement repart à la hausse en France. Dans son rapport annuel sur l'inclusion bancaire publié le 25 juin 2026, la Banque de France met en garde contre deux évolutions préoccupantes : la progression des jeunes parmi les personnes surendettées et l'essor du paiement fractionné. Si cette solution de paiement séduit par sa simplicité, son utilisation répétée peut fragiliser le budget des ménages. Quels sont les risques et comment éviter une accumulation de dettes ?
Dans son rapport annuel sur l'inclusion bancaire publié le 25 juin 2026, la Banque de France constate une nouvelle hausse du nombre de dossiers de surendettement. Après une augmentation de 9,8 % en 2025, cette tendance se poursuit avec une progression de 10,7 % sur les cinq premiers mois de 2026.
Si le nombre de dossiers reste inférieur de 32 % à celui enregistré en 2015, cette évolution confirme que les difficultés financières touchent un nombre croissant de ménages. Face à ce constat, la Banque de France appelle à une vigilance accrue et met en avant deux phénomènes qui retiennent particulièrement son attention : la progression des jeunes parmi les personnes surendettées et le recours de plus en plus fréquent au paiement fractionné.
Ces nouvelles tendances illustrent l'évolution des habitudes de consommation et des modes de financement. Elles rappellent également l'importance de préserver un équilibre budgétaire et d'anticiper les difficultés avant qu'elles ne conduisent à une situation de surendettement.
Le paiement fractionné, aussi appelé paiement en plusieurs fois, permet à un consommateur d'étaler le règlement d'un achat sur plusieurs échéances, généralement en trois ou quatre fois. Il est aujourd'hui proposé sur de nombreux sites e-commerce, mais aussi dans certains magasins physiques, au moment du passage en caisse. Concrètement, l'acheteur règle une première partie de la somme immédiatement, puis les autres échéances sont prélevées automatiquement les semaines ou les mois suivants.
Ce mode de paiement séduit parce qu'il est simple, rapide et souvent présenté comme indolore pour le budget. En quelques clics, il devient possible d'acheter un produit plus coûteux sans payer la totalité de son prix au comptant. Pour de nombreux ménages, cette solution peut donner l'impression de mieux maîtriser une dépense ponctuelle, notamment lorsqu'elle permet d'éviter une sortie d'argent importante en une seule fois.
Son succès s'explique aussi par son intégration très visible dans le parcours d'achat. Au moment de valider une commande, le consommateur voit souvent apparaître une mensualité réduite plutôt que le prix total du produit. Un achat de plusieurs centaines d'euros peut alors sembler plus accessible lorsqu'il est présenté sous forme de petites échéances. Cette présentation peut faciliter la décision d'achat, mais elle peut aussi conduire à sous-estimer le poids réel de la dépense.
C'est précisément ce point qui inquiète la Banque de France. Pris isolément, un paiement en trois ou quatre fois peut sembler facile à absorber. Mais lorsque plusieurs paiements fractionnés sont cumulés en même temps, les échéances s'additionnent rapidement aux autres charges du foyer : loyer, énergie, assurances, abonnements, crédits en cours ou dépenses alimentaires. Le risque n'est donc pas seulement lié au montant d'un achat, mais à l'accumulation de plusieurs petits engagements financiers.
Selon la Banque de France, le paiement fractionné apparaît désormais dans 16,4 % des dossiers de surendettement. Ce chiffre montre que cette facilité de paiement peut devenir un facteur aggravant lorsqu'elle est utilisée de manière répétée ou sans vision globale du budget. Le danger vient notamment du fait que ces échéances sont parfois moins bien identifiées qu'un crédit classique. Le consommateur peut avoir le sentiment de ne pas s'endetter réellement, alors qu'il s'engage bien à rembourser plusieurs sommes à des dates précises.
L'alerte de la Banque de France ne signifie pas que le paiement fractionné doit être systématiquement évité. Utilisé ponctuellement, pour une dépense anticipée et avec une capacité de remboursement suffisante, il peut rester une solution pratique. En revanche, il nécessite une vigilance particulière. Avant d'y recourir, il est important de tenir compte de l'ensemble des échéances déjà prévues et de vérifier que le reste à vivre du foyer reste suffisant.
La Banque de France s'inquiète également de la progression des jeunes parmi les personnes concernées par le surendettement. Cette évolution s'explique en partie par des habitudes de consommation différentes, mais aussi par une situation financière souvent plus fragile en début de vie active.
Les jeunes adultes sont particulièrement exposés aux achats en ligne, aux abonnements numériques et aux solutions de paiement rapide. Le paiement fractionné s'inscrit pleinement dans ces nouveaux usages : il est visible, facile à activer et souvent proposé au moment de finaliser une commande. Pour un consommateur disposant de revenus limités ou irréguliers, cette facilité peut rapidement devenir un réflexe pour financer des dépenses du quotidien ou des achats plus importants.
Le risque apparaît lorsque plusieurs paiements en plusieurs fois se superposent. Une échéance de 30 ou 40 euros peut sembler faible isolément, mais plusieurs prélèvements cumulés peuvent peser lourdement sur un budget déjà contraint. À cela peuvent s'ajouter un loyer, des frais de transport, des factures d'énergie, des abonnements, voire un crédit à la consommation ou un découvert bancaire.
Cette accumulation peut réduire progressivement le reste à vivre et rendre le budget plus difficile à maîtriser. En cas d'imprévu, comme une baisse de revenus, une dépense urgente ou une période de chômage, l'équilibre financier peut alors se rompre rapidement.
Pour éviter cette situation, il est essentiel de considérer chaque paiement fractionné comme un engagement à part entière. Avant de valider un achat en plusieurs fois, il est conseillé de vérifier le montant total des échéances déjà prévues, leur date de prélèvement et leur impact sur les revenus des prochains mois.
Le paiement fractionné peut être une solution pratique pour financer un achat ponctuel, à condition qu'il soit utilisé avec modération. Avant de choisir un paiement en plusieurs fois, il est important de vérifier que les futures échéances restent compatibles avec son budget et ses revenus.
Le principal risque réside dans l'accumulation des paiements fractionnés. Plusieurs mensualités de faible montant peuvent sembler anodines, mais additionnées aux autres charges du foyer (loyer, crédits, assurances, abonnements...), elles peuvent rapidement réduire le reste à vivre et fragiliser l'équilibre financier.
Pour éviter cette situation, il est conseillé de conserver une vision globale de ses engagements. Suivre ses échéances, limiter le nombre de paiements fractionnés en cours et anticiper les dépenses importantes permettent de mieux maîtriser son budget et de prévenir les difficultés.
Enfin, si les remboursements deviennent difficiles à assumer, il est préférable de réagir rapidement. Réaliser un bilan de sa situation financière et rechercher des solutions adaptées, comme le rachat de crédit, peut permettre d'éviter que les difficultés ne s'aggravent.
Utilisé avec prudence, le paiement fractionné reste un outil de financement utile. En revanche, lorsqu'il devient un réflexe ou qu'il est multiplié sans tenir compte de sa capacité de remboursement, il peut contribuer à une situation de surendettement.