Renégocier ou faire racheter son prêt immobilier : quand faut-il se lancer ?

Dès que votre offre de prêt immobilier est signée, vous êtes en droit de renégocier ses modalités sans délai ou de le faire racheter par une autre banque. La renégociation auprès de sa banque semble être la solution la plus simple pour ce qui concerne les démarches administratives. Vous n'êtes pas astreint aux frais de dédommagements (IRA) auxquels vous seriez soumis en cas de rachat par une autre banque. Malgré tout, il est certainement inévitable de devoir s'acquitter de frais de dossier générés par cette opération. Il faut donc que le nouveau taux puisse permettre de générer des économies supérieures aux frais de la renégociation. D’ailleurs, n’hésitez pas à jouer de votre profil emprunteur de qualité pour raboter le montant des frais et décrocher un taux parmi les meilleurs.

En revanche, sachant que votre banquier n'est nullement tenu de s'aligner sur les taux du marché actuels, vous pourriez vous voir refuser une demande de renégociation. Cependant, rien ne vous empêche de vous tourner vers une autre banque pour tenter de parvenir à obtenir un taux de crédit plus intéressant. Du fait de la mise en concurrence, un rachat de crédit peut constituer l'opportunité de bénéficier de conditions avantageuses pour la négociation de son taux de crédit. Néanmoins, vous serez également confronté, dans cette éventualité, à la nécessité de payer des frais de dossier et pénalités de remboursement anticipé.

Pour savoir quelle est la solution la mieux adaptée, il convient de comparer les conditions, que ce soit pour le rachat ou la renégociation de crédit. Notamment, il faut prendre en considération le nombre de mensualités restantes, déterminé par la durée du crédit immobilier. Pour être rentable, l’opération doit être réalisée le plus tôt possible, soit durant le premier tiers du contrat. Pourquoi ? Car c’est pendant cette période que vous verserez le plus d’intérêts bancaire à la banque. Cette condition temporelle s’applique à la fois pour la renégociation et pour le rachat. Par ailleurs, il faut que le capital restant dû représente une somme relativement importante. Enfin, l'écart qui sépare le taux actuel de celui initialement contracté doit être supérieur de 0,7 à 1 point de base.

Renégocier son prêt immo pour baisser son taux nominal ou faire face à des difficultés financières

Plusieurs raisons peuvent conduire à vouloir renégocier le taux de son prêt immobilier. Vos mensualités sont éventuellement devenues difficiles à supporter à la suite d’un changement de situation (chômage, divorce, décès du conjoint, etc.) qui mène à une perte de revenus. Ou alors, vous ambitionnez tout simplement de tirer parti de la baisse des taux pour réaliser de belles économies.

Quoi qu'il en soit, si vous souhaitez bénéficier d'un taux nominal de crédit immobilier plus faible, il y a deux possibilités qui vous sont offertes :

  • soit il faut renégocier le taux auprès de la banque prêteuse ;
  • soit on peut faire racheter le crédit par un autre établissement bancaire.

Ces solutions pour obtenir un taux de crédit plus bas peuvent être utilisées autant de fois que l'on souhaite. Elles visent deux objectifs, à savoir une diminution du montant des mensualités et de la durée. En réduisant votre taux nominal, vous pouvez conserver une échéance identique, voire l’augmenter, ce qui va écourter d’autant plus la durée du contrat. Le coût de l’emprunt ne sera alors que plus faible, soit une belle opération si vous en avez la capacité financière.

Déroulement des procédures de renégociation et de rachat

Lorsque vous optez pour la renégociation du prêt immobilier, vous devez en effectuer la demande auprès de votre banque et attendre que celle-ci l'accepte. Dès la validation du projet, il faut procéder alors à un réaménagement du prêt qui se concrétise par l'établissement d'un avenant au contrat initial. Et ce, conformément aux dispositions de l'article L313-39 du Code de la consommation.

S'il s'agit d'un prêt à taux fixe, l'avenant a pour obligation de comporter un échéancier des remboursements, le TAEG (taux annuel effectif global) ainsi que le coût du crédit. Dans le cas d'un prêt à taux variable, plus rare mais pas impossible, les mêmes éléments que pour le taux fixe sont à retrouver, en y ajoutant les conditions et les modes de fluctuation du taux. La banque peut vous envoyer une lettre par la poste pour la notification du nouveau crédit. Vous disposez dès cet instant d'une période de 10 jours de réflexion pour l'acceptation ou non du contrat.

En cas de rachat de crédit par un autre établissement financier, ce dernier s'occupe de vous fournir les clauses du nouveau contrat et de la mise à disposition des fonds. À partir de là, le crédit est racheté à votre ancienne banque et le règlement du montant de la mensualité peut commencer en étant prélevé par le nouveau prêteur.