Les sites de crowdlending réclament une réglementation renforcée

Les sites de crowdlending réclament une réglementation renforcée

Montrées du doigt par une association de consommateurs, les plateformes de prêts en ligne ripostent et demandent la création de nouveaux indicateurs à destination des particuliers.

Quand les particuliers prêtent des fonds aux promoteurs

Le crowdfunding a rencontré un réel succès l’année dernière. Lassés des taux d’épargne règlementée très faibles, les Français ont préféré se tourner vers de nouveaux placements. Ces dernières années, le crowdfunding ou financement participatif a changé de visage.

Du simple système de cagnotte commune pour le financement de projets divers et variés, le crowdfunding s’est ouvert aux placements immobiliers. Les internautes qui faisaient auparavant don de fonds pour un projet ou une cause ont désormais l’opportunité d’attendre un retour sur investissement grâce au crowdlending.

Avec cette nouvelle forme de financement, un porteur de projet immobilier fait appel aux particuliers afin de rassembler les fonds nécessaires à sa réalisation. Les internautes vont alors engager des fonds sous la forme d’un prêt.

Selon les plateformes de crowdlending, les usagers sont libres de fixer les taux d’intérêt ou non. Le promoteur peut ainsi mener à bien son projet sans se heurter aux refus des établissements bancaires.

A priori, les sites de financement participatif immobilier sont censés vérifier le sérieux et l’expérience du porteur de projet. Dans certains cas, les start-up exigent de ce dernier d’avoir déjà livré des immeubles par le passé.

Consommateurs et professionnels appellent à réglementation plus poussée

Si les risques semblent limités pour les particuliers, une association de consommateurs a récemment pointé du doigt certaines pratiques. L’organisation met en exergue la sous-estimation des risques de la part des sites internet proposant du crowdfunding immobilier. Selon elle, les usagers ne placeraient pas leur argent en connaissance de cause.

De plus, l’association de défense des consommateurs revoit à la baisse la moyenne des rendements avec une fourchette calculée entre 0,33 et 1,60 %. Pour leur part, les plateformes en lignes annoncent des taux de rendement allant jusqu’à 7 %.

Ces dernières ont tenu à réagir par le biais de leur regroupement  professionnel : l’association Financement participatif France (FPF). La FPF a calculé un rendement moyen de 3,69 % pour les 1000 premiers prêts. Les professionnels s’accordent à dire que la moyenne est en dessous de celle annoncée puisque la grande majorité des premiers prêts prendront fin dans douze mois.

Quant aux facteurs de risques, la FPF indique que ses adhérents respectent la réglementation en vigueur. Sur ce point, les deux associations appellent l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) à rendre plus pertinents les indicateurs de risques.

Conscients ou non des risques potentiels de ce type de placement, les Français n’ont jamais été aussi nombreux à prendre part à un financement participatif puisque la FPF en comptabilise quelques 2,5 millions.