Quand la hausse des taux s’accélère

Enclenchée mi-décembre 2016, la hausse des taux d’intérêt des crédits immobilier s’accélère depuis quelques semaines. Toutefois, les barèmes moyens restent particulièrement attractifs.

La hausse des taux correspond à l’effacement de six mois de baisse

Comme en janvier, les taux d’intérêt des crédits immobiliers ont poursuivi leur remontée en février 2017, mais ils restent toutefois très attractifs. Selon les dernières statistiques de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, la moyenne a enregistré une progression de 18 points de base (0,18 %) par rapport au mois de décembre 2016.

Elle atteint désormais 1,49 % (hors assurance et sur toutes les durées de remboursement). Avec ce niveau, les établissements bancaires ainsi que les banques spécialisées viennent d’effacer six mois de baisse des taux. En d’autres termes, il faut remonter au mois d’août 2016 pour observer un tel niveau du taux d’intérêt moyen des financements à l’habitat.

Ce niveau montre que la tendance haussière des taux s’est accélérée ces dernières semaines. Cependant, elle n’est pas mécanique, même si les OAT 10 ans continuent de progresser (près de 1 % à ce jour, contre 0,1 % en septembre 2016).

En fait, les établissements bancaires bénéficient toujours des conditions de refinancement très favorables auprès de la banque centrale Européenne (BCE). En théorie, ils pourraient continuer à baisser leurs barèmes.

Pour certains observateurs, cette stratégie de hausse des taux montre que les banques cherchent, avant tout, à se protéger des impacts négatifs des taux très faibles. A savoir que les derniers bilans des établissements prêteurs font l’objet d’une part importante des prêts immobiliers à taux très bas.

La hausse des taux commence à se faire sentir chez banques

Bien que pour l’heure très bas, le niveau des barèmes commence à se faire sentir chez les établissements bancaires. Selon certaines études, les prêteurs sont de moins en moins sollicités par des emprunteurs cherchant à renégocier ou à faire racheter leurs encours, mais aussi par des ménages modestes souhaitant devenir propriétaires.

A savoir que l’annonce de la hausse des barèmes a poussé de nombreux Français à solliciter un crédit immobilier ou à faire racheter leur prêt à l’habitat en cours. Cependant, en ce début d’année 2017, les différents baromètres montrent une baisse des demandes de financements, notamment de la renégociation de prêt et du rachat de prêt immobilier, malgré que ces opérations de banques restent toujours intéressantes.

Toutefois, les conditions d’emprunt devraient rester attractives, malgré l’accélération de cette tendance haussière des barèmes. En fait, dans climat politique incertain, les prêteurs ont tout intérêt à ne pas trop dégrader le pouvoir d’achat immobilier des Français.

Même si les offres attractives de financement manquent moins de visibilité en cette période de campagne électorale, les établissements bancaires ont toujours la volonté de réaliser une bonne partie de leurs objectifs sur les premiers mois de l’année. Ils devraient donc opter pour une stratégie baissière des taux dans les semaines et mois à venir.