Mobilité bancaire, le dispositif Macron ne convainc pas

Mobilité bancaire, le dispositif Macron ne convainc pas

L’UFC-Que choisir constate que la promesse de faciliter le changement de banque a du mal à montrer ses effets. Seulement 2,5 % des clients ont changé d’établissement l’année dernière.

Frais bancaires, un poste de dépenses comme les autres

Entre les Français et leur banque, les relations ne sont pas toujours au beau fixe. S’agissant d’une relation commerciale avant tout, les services bancaires ne sont pas gratuits, bien au contraire. C’est justement au sujet des tarifications que le torchon brûle entre les établissements et leur clientèle Pour l’année 2019, l’Elysée avait tenté de maîtriser l’incendie en demandant un geste aux banquiers. La requête avait alors été suivi d’effet puisque les frais bancaires ont été gelés en 2019. Mais pour 2020, la donne a changé.

Dans leurs plaquettes tarifaires publiées en fin d’année dernière et consultables en agence ou sur internet, il est clairement indiqué que les frais bancaires repartent à la hausse. Pourtant, il faut faire la distinction entre les services. Par exemple, l’envoi d’un carnet de chèques voit son montant grimper de 5 % en moyenne alors que la cotisation annuelle d’une carte de paiement voit son tarif en hausse de 0,2 %. En 2020, les Français vont donc payer 215 euros de frais bancaires en moyenne, ce qui représente un budget non-négligeable.

A l’heure où les banques en ligne proposent la gratuité des services (ou presque), il peut être tentant d’envisager un changement de banque. Mais avant d’opérer un changement pour faire des économies, il est important de savoir quels services sont utiles à chaque client. Un investisseur n’aura pas les mêmes besoins qu’un étudiant ou bien d’un auto-entrepreneur. Il faut donc mesurer chaque service un par un et comparer afin de trouver l’offre la plus personnalisée.

Les banques esquivent la Loi Macron

Sur le papier, changer de banque est une opération simple à réaliser surtout depuis l’entrée en vigueur de la Loi Macron en février 2017. Pour rappel, le projet de loi porté par le locataire de Bercy de l’époque souhaitait rendre plus facile la mobilité bancaire. L’objectif était d’introduire plus de concurrence et de permettre aux Français de retrouver du pouvoir d’achat. Pour cela, la nouvelle banque se voyait mandatée pour réaliser toutes les opérations fastidieuses de transferts et de changement de domiciliation bancaire.

Presque trois ans après sa mise en œuvre, le dispositif Macron, ne semble pas convaincre. C’est ce qui ressort d’une étude conduite par l’association de défense des consommateurs UFC- Que Choisir. Selon l’association indépendante, le mandat de mobilité bancaire est loin de répondre aux attentes, même très loin. L’UFC s’appuie notamment sur un chiffre : 2,5 % des clients français ont changé de banque en 2019 alors qu’ils sont plus de 15 % à l’envisager. Soit ces clients n’osent pas entamer ce changement, soit ils font face à des difficultés de mobilité.

Dans la pratique, il semblerait que la seconde raison soit de mise. En effet, l’UFC fait remonter des difficultés pour la mise en place de la mobilité entre deux établissements. De grossières erreurs ont été constatées et font trainer les démarches. Face à de telles agissements, les clients baissent les bras. Résultat : ils peuvent se retrouver avec deux banques puisque 4 demandes de clôture de compte sur 10 n’aboutissent pas. Les économies envisagées ne sont donc pas vraiment d’actualité…