La dette du secteur privé progresse en France

La dette du secteur privé progresse en France

Selon un récent rapport de la Banque de France, l’endettement du secteur privé non financier (entreprises et ménages) en France est jugé très élevé. Une situation risquée, selon les conclusions du rapport.

L’endettement du privé atteint 132 % du PIB en France

Réalisé deux fois par an par la Banque de France, le deuxième rapport de l’année 2018 sur l’évaluation  des risques du système financier Français a été publié le 17 décembre 2018 par la Banque de France. Ce dernier fait objet d’une nouvelle progression de la dette du secteur privé en France.

Pour rappel, selon le rapport pour le premier semestre 2018, le taux d’endettement du secteur privé non financier avait progressé pour atteindre 130,2 % du PIB. A ce jour, la dette des entreprises et de ménages atteint 132,2 % du PIB. Cette nouvelle progression de l’endettement du secteur privé contraste avec l’évolution constatée dans d’autres pays de l’Union Européenne.

En d’autres termes, la France fait le chemin inverse, alors que le taux d’endettement du secteur privé recule dans la zone Euro. La dette privée tricolore reste, toutefois, moins importante qu’au Royaume-Uni (155 % du PIB) ou encore qu’aux USA (149 %).

Pour la Banque de France et l’ACPR (autorité de contrôle prudentiel et de résolution), ce niveau d’endettement peut représenter un véritable risque en soi pour les entreprises. En fait, avec la moitié de l’endettement des entreprises à taux variable, une remontée des taux, envisagée par la BCE pour fin 2019, de nombreuses entreprises verraient de nombreux risques de liquidité et de défaut à cause de l’augmentation de service de la dette que peut engendrer une réévaluation des taux de la BCE.

Pour les ménages, la quasi-totalité de la dette est à taux fixe avec un solide système de garanties (caution, hypothèque) en cas de défaut de paiement, mais pour la Banque de France, le risque est principalement lié à l’assouplissement de conditions d’octroi des crédits. A savoir que dans un crédit immobilier accordé sur deux, la part du revenu consacrée à la mensualité est supérieure à 35 %. Cet assouplissement appelle à la vigilance des gendarmes du secteur financier Français.

Hausse de l’endettement du secteur privé : quelques explications

La progression de l’endettement du secteur privé en France peut avoir plusieurs raisons. D’abord, la quasi-totalité des grands réseaux bancaires ont déclaré avoir sensiblement assoupli leurs critères d’octroi de prêts accordés aux ménages et aux entreprises. C’est dans cette configuration que l’encours des financements du secteur privé a continué à augmenter.

Selon les enquêtes de la Banque de France, les prêteurs tricolores se sont montrés plus disposés que leurs confrères Européens à assouplir les critères de financement. En fait, la différence entre les établissements bancaires ayant durci leurs conditions de financement et ceux qui les ont assoupli est de 18 % en France, contre à peine 8 % dans la totalité des pays de la zone-euro.

Ensuite, la concurrence que se livrent les établissements bancaires a aussi joué un rôle d’aiguillon. A savoir qu’avec le retour de la croissance en 2017, la perception des risques des prêteurs a évolué.  Cette nouvelle perception s’est traduite par une concurrence particulièrement rude entre les banques et donc par des conditions d’octroi plus favorables aux ménages et aux entreprises.

Enfin, l’augmentation de la dette privée peut aussi avoir des raisons culturelles. En fait, En France, l’endettement est souvent, voire traditionnellement, la principale source de financement pour acheter un bien immobilier, une voiture ou pour lancer un projet de création ou de reprise d’entreprise. A savoir que la France est l’un des rares pays développés où il est possible d’obtenir un financement immobilier à 110 %, voire plus.


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