Crédit immobilier : vers un ralentissement du dynamisme ?

Après une année 2016 exceptionnelle, les récentes études montrent que le crédit immobilier continue sa croissance au cours des premiers mois de 2017. Cependant, la hausse continue des taux d’intérêt pourrait assombrir les perspectives.

Prêt à l’habitat : une hausse de 29,9 % sur un an

De novembre 2016 à mars 2017, les taux d’intérêt des crédits immobiliers accordés aux particuliers sont passés de 1,31 % à 1,51 % en moyenne, selon les différents chiffres de l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Malgré une hausse continue, le niveau des barèmes reste très attractif et profite à de nombreux acheteurs et emprunteurs souhaitant faire un rachat de prêt immobilier.

De ce fait, le volume de financements accordés par les banques et d’autres établissements prêteurs a atteint un niveau exceptionnel au cours des trois premiers mois de l’année. Ainsi, force est de constater que la hausse continue des taux d’intérêt n’a pas impacté le dynamisme du marché du crédit et du regroupement de prêts.

Le premier trimestre a donc été époustouflant, puisque la production des financements accordés aux particuliers a progressé de 29,9 % sur un an au mois de mars, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

Selon les spécialistes, le prêt à l’habitat est redevenu plus que jamais le moyen principal pour les établissements prêteurs de conquérir de nouveaux clients. Pour y parvenir, certains prêteurs ont développé des offres spécifiques permettant à une certaine catégorie de ménages d’accéder au crédit immobilier. Conséquence : les foyers gagnant moins de trois smic par mois sont de plus en plus nombreux parmi les emprunteurs.

La hausse continue des taux pourrait freiner

Avec une croissance de près de 30 % sur un 12 mois, le marché du crédit a certes enregistré une croissance exceptionnelle, mais la hausse continue des barèmes pourrait impacter le dynamisme de ce marché. Avec 1,51 % (hors assurances et garanties), le taux d’intérêt moyen est toujours nettement en-dessous de son niveau constaté en mars 2016 (1,92 % hors assurances et garanties), selon l’Observatoire qui prévoit un barème moyen de 1,75 % maximum à la fin de l’année.

Par ailleurs, même si la légère remontée des taux n’a pas freiné les ardeurs des aspirants à la propriété et ceux qui souhaitent revoir les conditions de leur prêt, elle pourrait fortement impacter les ménages ayant de faibles revenus.

Selon certains réseaux d’intermédiaires bancaires, le dynamisme du prêt à l’habitat commence même à atteindre ses limites, notamment à cause de la hausse continue des taux qui rend certains emprunteurs moins solvables.

A savoir que davantage la tendance haussière des taux, c’est la progression des prix du mètre carré qui pourrait impacter la capacité d’emprunt de certains ménages. Les prix de l’immobilier ont augmenté de 1,7 % sur un an, selon les Notaires de France.

De ce fait, c’est la solvabilité de certains aspirants à la propriété qui commence à se dégrader. Cependant, si cette dégradation de la solvabilité des ménages n’est pas inquiétante pour le moment, il faut savoir que l’indicateur de solvabilité s’approche de son niveau de 2008, après une longue période de hausse liée, notamment à la baisse continue des barèmes.