Chômage partiel : quelles sont les solutions pour les crédits en cours ?

Chômage partiel : quelles sont les solutions pour les crédits en cours ?

Quand un emprunteur perd son emploi, son taux d’endettement augmente. Que faire alors avec les mensualités de prêt dans cette situation ?

Adapter ses mensualités au chômage

L’économie française connaît une période trouble depuis l’arrivée sur le territoire du Coronovirus. Des entreprises en difficulté financière n’ont pas d’autre choix que de mettre au chômage partiel certains de leurs employés pour garder la tête hors de l’eau. Cet imprévu constitue une perte de salaire pour les personnes concernées puisqu’elles vont toucher une indemnité à hauteur de 84% de leur rémunération nette.

Dans un premier temps, ce trou budgétaire peut conduire les personnes au chômage à faire une croix sur les projets à court et moyen terme, mais pas que. Les dépenses courantes peuvent également ne plus correspondre au budget réduit après la perte de l’emploi. Les crédits à la consommation et immobilier contractés par le passé sont par conséquent susceptibles de devenir plus difficiles à rembourser dans les mois qui vont suivre, en témoigne le taux d’endettement qui va augmenter.

Baisser ses mensualités avec la modulation de crédit immobilier

Les contrats d’emprunt immobilier insèrent bien souvent une clause qui autorise l’emprunteur à déclencher une modulation de ses mensualités de prêt. Concrètement, moduler un crédit consiste à diminuer, voire à augmenter, le montant des échéances. La solution après une perte d’emploi est bien évidemment de s’orienter vers la réduction des échéances du prêt à l’habitat.

Une modulation à la baisse nécessite en revanche d’allonger la durée de remboursement du financement et donc, par la même occasion, d’alourdir son coût global une fois son terme. En effet, l’emprunteur va payer un surplus d’intérêts bancaires au prêteur et des mois supplémentaires de cotisation d’assurance de prêt. Cette clause à toutefois ses limites puisque la banque ne peut pas, en règle générale, réduire de plus d’un tier la mensualité.

Reporter ses mensualités de crédit : attention au coût de l’opération

Si le chômage est qualifié de partiel, c’est que l’actif à une chance de retrouver son emploi une fois que la situation économique et sanitaire sera rétablie. Durant cette période, il peut effectuer un report de crédit immobilier. Cette action enclenche alors une procédure de suspension du crédit puisque l’emprunteur va reporter ses mensualités en cours de remboursement.

La suspension peut agir de deux façons : reporter partiellement ou reporter totalement les échéances pour une durée définie avec l’organisme prêteur. La suspension partielle consiste à reporter la part du capital restant dû des mensualités. Le demandeur continue de cette manière à amortir chaque mois la somme des intérêts et la prime d’assurance de prêt pendant toute la durée du report de crédit. Dans le cadre d’une suspension totale validée, seule cette assurance continue d’être payée.

Quoiqu’elle puisse paraître idéale, la suspension de crédit doit être discutée en détail avec le conseiller bancaire. Elle peut augmenter considérablement le coût d’un emprunt alors qu’elle ne dure généralement que quelques mois. Une personne au chômage partiel a donc tout intérêt à prendre ses précautions surtout si le retour à l’emploi se fait rapidement.

Faire un rachat de crédit au chômage est-il possible ?

L’autre possibilité en étant au chômage partiel, c’est de s’orienter vers une opération bancaire afin de revoir le montant des mensualités en cours. C’est d’ailleurs l’objectif du regroupement de crédits, aussi confondu avec le rachat de crédit, qui permet de réunir tous les prêts en cours dans une seule échéance avec de nouvelles conditions et d’alléger son montant global. Les prêts sont rachetés par un nouvel établissement bancaire qui va ensuite mettre en place ce nouveau financement. A la suite de du regroupement des prêts, l’emprunteur dispose alors d’une mensualité réduite et calculée suivant son budget au moment de sa demande, en contrepartie d’augmenter la durée et le coût global de l’opération.

La faisabilité d’un rachat de crédit dépend de beaucoup de facteurs qu’il convient de vérifier avec un expert en mesure d’accompagner l’emprunteur vers la réussite de son projet. Une analyse approfondie est donc indispensable car l’interlocuteur dédié doit s’assurer que le demandeur a la capacité à rembourser le financement, ce qui peut être difficile en cas de chômage. Mais des éléments peuvent pousser le dossier, notamment si une personne du foyer est encore en activité avec un CDI. Étant donné que chaque dossier est particulier, la meilleure option est d’effectuer une demande de rachat de crédit pour lancer une étude de faisabilité auprès d’un intermédiaire en opération de banque. Son objectif est effectivement de conseiller l’emprunteur et de l’accompagner vers la meilleure solution proposée par ses partenaires bancaires.