Les banques pour défendre les prêts immobiliers à taux fixe

Plusieurs grandes banques internationales sont montées au créneau pour défendre les crédits immobiliers à taux fixe, puisque le comité de Bâle envisage de reformer cette formule de crédit immobilier.

Crédit immobilier à taux fixe menacé par le comité de Bâle

Depuis quelques semaines, les grandes fédérations bancaires sont inquiètes sur les mesures qu’envisage le comité de Bâle sur le crédit immobilier à taux fixe.

Crée en 1974 pour renforcer la solidité du système bancaire et financier mondial ainsi que l’efficacité du control prudentiel et la coopération entre les régulateurs bancaires, le comité de Bâle envisagerait de nouvelles mesures pour éviter que les prêteurs ne sous-estiment les risques auxquels ils s’exposent en accordant des crédits immobiliers à taux fixe.

Ainsi, les représentants des banques Allemandes, Françaises, Belges et Japonaises ont adressé un courrier au comité pour exprimer leurs inquiétudes.

Selon les banques, les mesures qu’envisage le comité de Bâle pourraient impacter le niveau des taux d’intérêt et mettre en danger la capacité des banques à accorder des crédits immobiliers à taux fixe.

Crédit immobilier : le taux fixe est-il un produit risqué ?

Logiquement, le crédit immobilier à taux fixe est la formule de prêt la plus sûre pour les emprunteurs. Mais pas pour les établissements prêteurs. Explications.

Quand un établissement de crédit accorde un prêt, il se trouve qu’il a lui aussi emprunté une grande partie des sommes qu’il prête et le reste provenant des dépôts de ses clients ou de ses fonds propres.

En général, les prêteurs ne peuvent financer un prêt que sur une période courte. Or si le prêt est accordé sur 20 ans (voir plus), les établissements de crédit seront obligés de se refinancer auprès du marché de crédit interbancaire pour honorer leurs créances (dépôt des clients). Or les taux auxquels ils empruntent sur ce marché évoluent en permanence.

Si ces taux interbancaires augmentent plus vite par rapport aux taux des crédits immobiliers, les établissements prêteurs seront exposés à un risque bien réel (insolvabilité).

C’est l’estimation de ce risque que le comité de Bâle souhaite renforcer en minimisant les offres de crédits immobilier à taux fixe.

L’inquiétude des banques est-elle justifiée ?

Dans leur courrier adressé au comité de Bâle, les fédérations bancaires tentent de minimiser les risques d’insolvabilité liés aux crédits immobiliers à taux fixes.

Cependant, à y regarder de près, le risque, s’il est bien réel, est en fait moins alarmant que ce que décrit le comité de régulation du système bancaire mondial.

Les premières explications sont logiques puisqu’en pratique un prêt immobilier ne durera pas 20 ans ou plus comme prévu dans le contrat de prêt.

Une hausse de revenus, la revente du bien immobilier, divorce, héritage ou encore le rachat de crédit, plusieurs motifs peuvent faire qu’un crédit immobilier soit soldé rapidement que prévu. En France, la durée réelle moyenne d’un crédit immobilier est de 8 ans. Dans ce cas, le risque d’insolvabilité n’existe plus.

De plus, si les taux interbancaires peuvent augmenter, ils peuvent aussi diminuer et dans cette configuration, les prêteurs se refinancent avec des taux attractifs renforçant ainsi leur marge et donc leurs fonds propres.


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