Baisse continue des taux : les gagnants et les perdants

Selon Eurostat, les taux d’emprunt d’Etat de la France, la fameuse OAT 10 ans, ont atteint le 29 juillet 2014 un niveau historiquement bas à 1,45 %. Une première depuis que la France se finance sur les marchés. Une bonne opportunité pour certains, mais pas pour tout le monde.

Baisse continue des taux : ceux qui en profitent

La baisse continue et historique des taux des obligations assimilables du trésor (OAT 10 ans) qui se répercute sur les taux des crédits proposés aux particuliers et aux entreprises est une véritable aubaine pour certains agents économiques. Voici quelques gagnants de la nouvelle conjoncture du marché du crédit.

Le gouvernement

L’Etat Français est sans doute le premier bénéficiaire des conditions très attractives des taux. D’abord, cette baisse des taux lui permet d’emprunter moins cher pour financer ses projets (sa politique sociale, ses dépenses de fonctionnement) sans avoir réellement les moyens, puisque ses recettes (impôts et taxes) sont clairement insuffisantes.

Ensuite, la baisse des taux permet également au gouvernement de faire baisser le déficit budgétaire, selon Bercy, celui-ci  va diminuer de plus d’un milliard d’euros par rapport aux prévisions de 2013.

Les établissements de crédits

0,15 % c’est le taux de financement des établissements bancaires auprès de la Banque Centrale Européenne (BCE). Cette tendance des taux bas a permis de préserver le système bancaire Européen de la faillite grâce à une liquidité bon marché et disponible.

La baisse des taux a également permis d’assurer le financement interbancaire, lorsque les banques ne se faisaient plus confiance et refusaient de se prêter de l’argent.

Les gros emprunteurs

Les gros emprunteurs, c’est-à-dire, les entreprises (y compris les ETI) et les particuliers aisés sont aussi les grands gagnants de la baisse des taux.

En fait, cette tendance baissière des taux leurs permet de baisser considérablement les frais liés aux diverses opérations financières et même d’optimiser leurs effets de levier. Autrement dit, ils peuvent augmenter la somme empruntée par rapport aux capitaux dont ils disposent réellement.

Selon Eurostat, les ETI Européennes n’ont jamais autant emprunté sur les marchés, plus de 23 milliards d’euros de volume sur le 1er trimestre 2014.

Baisse des taux : les perdants

La baisse continue des taux est-t-elle une bonne nouvelle ? Pas si sûr, en tout cas pas pour tous les agents économiques. Voici quelques perdants de la baisse des taux.

Les épargnants modestes

Les petits épargnants sont les grands perdants de la baisse des taux d’intérêt. En fait, les rendements sur la plupart des produits d’épargne modestes se sont effondrés.

Depuis quelques mois, on remarque qu’il faut investir plus pour avoir un retour sur investissement équivalent, les taux de rémunération des plans d’épargne populaires reculent.

Ainsi, le premier août, le livret A est passé de 1,25 % à 1 %, un niveau inédit. Même sans fiscalité et une inflation très faible (0,5 %), le livret A et d’autres produits d’épargne populaires perdent de plus en plus de leurs attractivités.

Les fonds de pension

Avec la baisse des taux, les fonds de pension sont aussi impactés négativement. En fait, pour garantir plus tard des pensions à leurs membres, les fonds de retraite par capitalisation placent l’épargne de leurs membres pendant un certain temps.

La baisse des taux engendre une diminution des rendements des fonds placés, ce qui rend difficile de verser des pensions satisfaisantes à leurs membres.

Les compagnies d’assurance et leurs clients

Le niveau actuel des taux impacte fortement les compagnies d’assurances et par conséquent leurs clients. Pour assurer une voiture, un bien ou un prêt, le consommateur verse une prime d’assurance à son assureur.

Les compagnies d’assurances placent cette prime dans des actifs sans risques afin de générer des bénéfices permettant de garantir leurs clients et souvent de dégager des revenus.

Avec la baisse des taux, le rendement s’est considérablement réduit, ce qui oblige les assureurs à revoir les primes qu’ils exigent. Conséquence, les clients paient plus cher pour s’assurer.


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