Crédit immobilier : le HCSF appelle à la vigilance sur les conditions d’octroi

Crédit immobilier : le HCSF appelle à la vigilance sur les conditions d’octroi

Le Haut conseil de stabilité financière demande aux organismes de crédit de surveiller leurs conditions d’octroi des prêts immobiliers. Les autorités tiennent à éviter des crédits accordés trop facilement qui pourraient conduire à une impasse économique et financière.

2016, année record pour les crédits à l’habitat

Les taux bas des crédits immobiliers ont largement profité aux emprunteurs en 2016. Ces derniers ne se sont pas fait prier pour bénéficier des conditions de financement attractives. A l’automne dernier, le coût de l’argent n’a jamais été aussi faible. Pour de nombreux Français, ces conditions ont été le déclic pour envisager l’achat immobilier.

Pour financer ces acquisitions, les banques ont été submergées par les demandes de prêt. Sans compter sur les Français ayant déjà un emprunt immobilier qui, eux aussi, ont souhaité profiter des taux bas avec des opérations de rachat de crédits.

Les faibles taux et la conjoncture favorable aux acquisitions ont incité les banques à assouplir leurs conditions d’octroi. Dans les faits, cet assouplissement s’est traduit par un accès plus facile pour les emprunteurs. Par exemple, les exigences en apport personnel se sont adoucies.

Cependant, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a émis, la semaine dernière, quelques inquiétudes au regard de la tendance générale.

Eviter un trop large assouplissement des conditions d’octroi

En tenant compte de l’importante production de crédits des derniers mois, le conseil présidé par le ministre de l’Economie et des Finances tient à surveiller la rentabilité de ces opérations. Il s’agit en effet d’éviter une situation similaire à la crise des subprimes rencontrée en 2008 aux Etats-Unis. A cette époque, les prêts immobiliers étaient accordés trop facilement outre-Atlantique ce qui a conduit, en partie, à une crise financière mondiale.

Le HCSF tient donc à ce que le secteur bancaire tricolore ne se retrouve pas dans la même situation. L’institution veut également éviter l’apparition d’une bulle spéculative.

Malgré une légère remontée des taux observée depuis le début de l’année, les financements immobiliers à l’aide d’un crédit demeurent toujours attractifs. Au mois de février, la moyenne des taux d’intérêt s’est établie à 1,49 %. Si les experts s’attendaient davantage à une année d’attentisme étant donné l’échéance de la prochaine présidentielle, ces taux réduits continuent d’attirer les emprunteurs.